Annoncé pour le 21 mars 2018, le lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) risque de connaître un retard à l’allumage, du fait de l’absence d’unanimité dans les modalités de fonctionnement de cette zone.

Le port de Lagos, l’une des portes d’entrée et de sortie des matières premières minérales et agricoles de l’Afrique. © D.R.

 

Le «moment historique» rêvé par le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, risque de ne pas être le 21 mars. Le sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine pourra se tenir sans le lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).

Selon des informations provenant de Kigali au Rwanda où sont attendus les dirigeants africains de 54 pays du continent, les contours de la mise en place de la zone de libre-échange continentale ne sont pas encore finalisés. Plusieurs questions seraient encore sans réponses et seront débattues lors du sommet extraordinaire de Kigali.

«Parmi les questions qui devront être adressées lors du sommet figure notamment celle de la mise en place d’un mécanisme de règlement des conflits concernant des potentiels abus du système. Les réunions ont déjà pris du retard, il nous reste encore beaucoup de choses à négocier», explique un diplomate nigérien, relayé par le journal panafricain, jeuneafrique.com.

De même, selon un communiqué de la présidence nigériane, annonçant l’absence du président Muhammadu Buhari au sommet extraordinaire de l’Union africaine à Kigali, au Rwanda, «le président ne voyagera plus vers Kigali pour cet événement parce que certains actionnaires nigérians ont fait savoir qu’ils n’ont pas été consultés», explique ce communiqué qui met en avant «quelques réticences quant aux conditions de ce traité».

Si le nombre de signature attendu pour l’officialisation de l’accord-cadre de la création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) reste encore inconnu, l’entrée en vigueur, de cet accord devra être ratifiée à l’échelle nationale par un minimum de 22 pays. Un processus qui pourrait prendre du temps, compte tenu du fonctionnement différent d’un pays à l’autre.

La Zone de libre-échange continentale africaine, projet phare de l’agenda 2063 de l’UA, est en discussion depuis 2012 et avoisinerait 2 500 milliards de dollars de PIB cumulés.