Sortie du domicile familial le 28 août dernier, Darlène Boussougou Moundouga, 22 ans, n’y est jamais revenue. Le pasteur Joseph Moukétou, son fils Rodolph-Franck Mouketou, ainsi que le compagnon de la dame, Rodrigue Assoumou, 27 ans, l’ont froidement assassinée avant de l’enterrer dans une maison jouxtant leur église du Christianisme céleste au PK 5, dans le 3e arrondissement de Libreville.

Gabonreview.com - Assassinat par un pasteur de l’église du Christianisme céleste à Libreville - © D.R.

Dans l’après-midi du lundi 17 septembre 2012, une épaisse fumée noirâtre envahissait le quartier populaire du PK5 à Libreville. La population accourait de toute part pour s’enquérir de la situation qui avait déjà créé d’énormes embouteillages. Les pompiers étaient également arrivés sur les lieux et tentaient de maîtriser les flammes.

C’est là qu’on apprit le drame. Un pasteur de l’église du Christianisme céleste de ce quartier avait tué, à des fins rituelles, une jeune fille habitant chez sa tante, avec la complicité de son compagnon. Ce dernier avait reçu la promesse de l’homme d’église d’être élevé au grade d’évangéliste de tutelle. En outre, il devait recevoir «la puissance». La famille était venue pour détruire le temple et tout son contenu.

Recherchant Darlène depuis le jour de sa disparition, le 28 août, son père avait fini par alerté la police judiciaire qui avait ouvert une enquête. Vendredi dernier que l’étau s’était resserré sur le petit ami de la jeune femme, qui a fini par avouer sous crime lors d’un interrogatoire musclé.

«Le pasteur m’avait demandé de lui trouver une jeune fille à sacrifier. Il m’avait demandé le niveau d’étude de ma petite amie. Je lui ai dit qu’elle passait en premier. Il m’a alors ordonné de l’emmener chez moi pour faire une incantation», a expliqué Rodrigue Assoumou.

Il a avoué ensuite qu’il avait donné son accord pour l’exécution de la jeune fille. Et c’est au cours d’un rituel pendant lequel Rodolph-Franck Mouketou psalmodiait que son père indigne a abusé de la jeune femme avant de la tuer.

Le corps de Mademoiselle Boussougou, en état de putréfaction, nu et les mains attachées, a été déterré dans une pièce de la maison du pasteur qui servait de douche. Rodrigue  Assoumou raconte que le pasteur Joseph Mouketou l’a envoyé chercher une pioche et une pelle à l’église. C’est avec cela qu’il a enterré Darlène Boussougou Moundouga.

Arrivé sur le lieu du drame, le procureur de la République, Sidonie Flore Ouwé, a ordonné d’approfondir les enquêtes afin de déterminer les circonstances exactes de la mort de jeune dame.

Il s’agit là, à l’évidence, d’un nouvel épisode dans le feuilleton des crimes sexuels et rituels qui s’égrène à Libreville, au-delà, c’est la question des églises dites «de réveil» qui vient également de se relancer. Car, fondées bien souvent par des escrocs ou des illuminés, elles accouchent régulièrement des drames insupportables.

Quelle est donc la part de responsabilité du ministère de l’Intérieur dans la régulation de ce secteur ? Quelles mesures ont-elles été prises pour gérer la création de ces églises qui pullulent dans les quartiers des grandes villes du pays ? On aimerait que ces sectes parfois dangereuses soient aussi surveillées et contrôlées que les militants de certains partis politiques.