Bien qu’il ait pu sauver l’Université Omar Bongo (UOB) d’un nouveau blocage en raison du mouvement d’humeur annoncé par le Syndicat national des enseignants-chercheurs (Snec), Marc-Louis Ropivia, le recteur, n’est pas moins déçu que le corps enseignants ait privilégié l’argent à la formation des étudiants.

Le recteur de l’UOB, Marc-Louis Ropivia. © Universiteomarbongo.org

 

La paralysie des activités pédagogiques et administratives promise au sein de l’UOB par le Snec n’a pas eu lieu mardi 6 février. Pour cause, «le paiement est effectif, un effort conséquent a été fait» par le rectorat, a expliqué à Gabon 1ère Tom Frédéric Mambenga, de l’organisation syndicale Force de réflexion et d’action pour l’Enseignement supérieur (Frapes). Les autorités rectorales ont finalement consenti à régler leur dette vis-à-vis des enseignants, en payant les vacations, les corrections et l’organisation des examens ainsi que les indemnités des jurés aux soutenances. Mais ce n’était pas sans peine pour Marc-Louis Ropivia, le recteur de l’UOB, qui s’est dit déçu par l’attitude des syndicalistes.

Si le Snec et la Frapes se réjouissent, en effet, de ce que leurs différentes revendications ont connu une suite favorable, le recteur de l’UOB a mal pris leur obstination à obtenir coûte que coûte gain de cause, au point d’en oublier leur mission au sein de l’établissement. Alors que 150 millions de francs avaient déjà été décaissés pour régler quelques-unes de leurs créances, les enseignants-chercheures ont souhaité piocher dans l’enveloppe destinée à la dotation en matériel de Radio Campus. Le syndicat de Mike Moukala-Ndoumou a estimé que cette dotation, évaluée à 47 millions de francs, «était exagérée (et) inutile».

«Je suis extrêmement déçu de la part d’un syndicat qui n’a aucune préoccupation pédagogique. Ses motivations ne sont purement que pécuniaires», s’est emporté Marc-Louis Ropivia sur Radio Gabon, avant de s’expliquer sur les raisons du projet de dotation en matériel de la radio universitaire.

«Nous avons ici, un master en Communication avec une spécialité en journalisme. Mais comment voudrait-on, à l’Université Omar Bongo, former des journalistes et des communicateurs sans un plateau technique, qui servirait de plateforme d’apprentissage et de travaux pratiques ? C’est un investissement minimum, parce que l’investissement global que nous souhaitons dans ce service, c’est à la fois Radio Campus, Télé Campus et un journal de presse écrite», a indiqué Marc-Louis Ropivia.

Pour le recteur de l’UOB, les 47 millions de francs prévus pour le matériel de Radio Campus, comme d’autres projets, visait à «reconstruire l’Université». Or, a-t-il expliqué, «reconstruire l’UOB, ce n’est pas seulement la construction physique des édifices mais c’est aussi la reconstruction morale et éthique». Le Snec semble ne pas y trouver d’intérêt.

Le règlement des créances du Snec et de la Frapes s’évalue à 300 millions de francs environ. Or, le 10 janvier dernier, le conseil d’administration de l’UOB avait validé le décaissement de 300 millions à répartir en deux : le règlement d’une partie de la dette aux enseignants-chercheurs ainsi qu’au personnel et le financement de certains projets.