Elu en janvier dernier à la présidence de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a pris ses fonctions, le 14 mars 2017, au siège de l’institution panafricaine à Addis-Abeba, en Ethiopie. Le diplomate tchadien succède à la Sud-africaine Nkosazana Dlamini-Zuma.

Moussa Faki Mahamat, nouveau président de la Commission de l’Union Afraicaine. © D.R.

 

Moussa Faki Mahamat, 56 ans, élu en janvier dernier lors du 28e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, a officiellement pris ses fonctions à l’occasion d’une cérémonie solennelle de passation de charges entre les nouveaux et les membres sortants de la Commission, parmi lesquels la présidente Nkosazana Dlamini-Zuma. Le nouveau président entre en fonction pour un mandat de quatre ans.

Arrivé à la tête de l’exécutif de l’UA au moment où quatre pays- Somalie, Nigéria, Soudan du Sud et Yémen – sont touchés par une grave famine, Moussa Faki a promis de réformer l’institution et de s’attaquer aux nombreuses crises du continent. Dès lors, Il a exprimé son engagement et sa détermination à servir de son mieux pour répondre aux aspirations des Africains.

Les défis du nouveau président

«La famine qui ravage ces jours-ci de vastes régions d’Afrique constitue une vraie humiliation pour nous. L’immense potentiel de notre continent et le taux de croissance économique enviable de nombreux Etats membres de l’Union ne nous laisse aucun argument justificatif de cette hideuse tragédie humaine», a-t-il déclaré dans son discours.

Cette famine est la «pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale» avec un risque de malnutrition pour 20 millions d’habitants, selon l’Organisation des nations unies (Onu) dont le secrétaire adjoint aux Affaires humanitaires, Stephen O’Brien, a indiqué mardi que 4,4 milliards de dollars étaient nécessaires d’ici à juillet pour éviter la catastrophe au Soudan du Sud, en Somalie, au Nigéria et au Yémen.

Au-delà de cette première difficulté à laquelle doit faire face l’équipe de Moussa Faki Mahamat, le continent est confronté à des défis multiples comprenant notamment les conflits armés, la menace terroriste croissante, la radicalisation, la persistance de la pauvreté, le sous-développement et la dégradation de l’environnement. Dans ce contexte, il a énoncé ses priorités articulées particulièrement autour de la réforme de la Commission de l’UA, la paix et la sécurité, le sort des femmes et des jeunes, l’intégration économique de l’Afrique, le renforcement et l’amélioration de la position de l’Afrique sur la scène internationale. De même, l’ancien ministre tchadien des Affaires étrangères a manifesté son ambition d’accélérer la transformation de l’Afrique.

«Je voudrais mentionner très rapidement les domaines prioritaires auxquels je souhaite m’attaquer, avec l’aide de tout le monde, qui sont de réformer la structure de notre assemblée commune, de simplifier les procédures, d’améliorer son efficacité afin de faire de la Commission un outil en mesure de poursuivre et de traduire en actes les visions de nos dirigeants et les aspirations de nos concitoyens ; de faire taire les armes et de permettre à l’Afrique de se débarrasser des conflits d’ici à 2020», a-t-il déclaré, ajoutant que cela reste l’objectif à moyen terme. Sa vision sera centrée sur cet objectif afin d’améliorer le sort des femmes et des jeunes et de leur donner la place qui leur revient dans la promotion de la paix, du développement et de la renaissance africaine.

Les adieux de Dlamini-Zuma

S’exprimant au cours de cette passation de charges, la présidente sortante, Nkosazana Dlamini-Zuma, a félicité toutes les parties qui ont apporté leur soutien et leur coopération à la Commission durant son mandat. «Cela a été un très grand privilège de servir la population de ce continent en tant que présidente de la Commission de l’UA», a-t-elle déclaré.

Madame Dlamini-Zuma n’a pas tari d’éloges pour tous les partenaires de l’UA. «Nous remercions le Groupe de partenaires de l’UA ainsi que nos partenaires internationaux et les gouvernements qui ont travaillé avec nous pour bâtir un monde meilleur pour tous», a-t-elle affirmé, ajoutant que la coopération entre l’Union africaine et les Nations unies, au cours des quatre dernières années et demie la remplit également d’optimisme. «Dans ce cadre, nous avons convenu de travailler ensemble à un mécanisme de suivi et de rapport unique sur l’Agenda 2063 et les Objectifs de développement durable (ODD)», a-t-elle rappelé.

Lors de l’élection à laquelle Nkosazana Dlamini-Zuma ne s’était plus présentée, Moussa Faki Mahamat était opposé à quatre candidats, il l’avait emporté au dernier tour du scrutin face à la candidate du Kenya, Amina Mohamed.