Pour respecter les engagements du Gabon vis-à-vis de ses partenaires financiers, dont le Fonds monétaire international (FMI), le ministre d’Etat en charge du Budget et des Comptes publics a récemment rappelé à ses collaborateurs que toutes les dépenses seront désormais soumises à son autorisation.

Les bâtiments abritant le ministère du Budget et des Comptes publics, à Libreville. © geosmart directory

 

Depuis le vendredi 20 octobre, toutes les dépenses consenties par le Trésor public sont soumises à l’autorisation du ministre d’Etat en charge du Budget et des Comptes publics. La mesure pourrait faire grincer des dents, en plus d’être mal perçue par ceux qui prônent un allègement des procédures administratives. Pourtant, le gouvernement assure de sa nécessité en raison de la difficile situation économique actuelle, et rappelle que la régulation budgétaire fait partie des prérogatives du ministre en charge de la gestion des finances publiques.

Pour le cas d’espèce, soutiennent ses collaborateurs, «c’est à Jean-Fidèle Otandault que revient la charge de programmer le rythme de consommation des crédits en fonction de la situation de la trésorerie de l’Etat ». Les dispositions de l’article 64 de la Loi organique relative aux lois de finances et à l’exécution du budget (LOLFEB), n°020/2014 du 21 mai 2015, en témoignent, précisent-ils. Sauf que, dans une note adressée au ministre d’Etat le 24 octobre, le nouveau patron de la DGBFIP, Fabrice Andjoua Bongo Ondimba, n’a pas manqué de faire remarquer que selon la même loi organique, la prérogative liée à la régulation budgétaire est «matériellement mise en œuvre par le directeur général du Budget et des Finances publiques, conformément aux dispositions du décret n°337/PM/MBCP du 16 janvier 2015 portant création et organisation de la direction générale du Budget et des Finances publiques».

Au ministère du Budget et des Comptes publics, l’on indique, comme pour se défendre, que «cette décision n’est pas un abus de pouvoir ni une maladresse qui alourdirait les procédures». Un agent dudit ministère indique par ailleurs que la mesure fait, en réalité, suite à une note circulaire du Premier ministre datant du 14 octobre 2017. Dans cette note, Emmanuel Issoze Ngondet précisait aux responsables des régies financières qu’«à compter du vendredi 20 octobre 2017, la transmission des Journées comptables et des ordonnances de paiement traitées suivant la procédure d’urgence, pour prise en charge par le Trésorier central (TC), est soumise à son autorisation préalable». A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, est-on tenté de dire. Seulement, Jean-Fidèle Otandault promet-il de faire preuve de rapidité dans le traitement des dossiers qui lui seront soumis. Cette célérité est nécessaire pour éviter d’éventuels retards dans l’exécution de certaines prestations, qui pourraient déboucher sur des tensions sociales, voire des conflits, avec des partenaires de l’Etat.

Pour l’heure, au ministère du Budget et des Comptes publics, l’on se contente de rappeler que face à la crise actuelle, les défis du Gabon sont nombreux, mais il faut se concentrer sur les priorités, notamment la réduction de la dette, le respect des points contenus dans l’accord signé avec les partenaires financiers institutionnels du pays, dont le FMI. Les autorités gabonaises entendent également limiter à 10% le taux des instances au Trésor à la fin de l’exercice 2017.