Surpris par une plainte du patron de La Poste SA contre cinq de ses membres, le Syndicat national des postiers (Synaposte) a lancé un énième mouvement d’humeur, le 5 mars à Libreville. Pour les postiers, seul le départ de Michaël Adandé ramènera la sérénité au sein de la maison.

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L’accalmie n’aura été que de courte durée à La Poste SA, où les agents sont de retour au front. Suspendue le 6 février, la grève des postiers a été relancée le 5 mars à Libreville. Une décision consécutive à une plainte du directeur général de La Poste SA contre cinq membres du Syndicat national des postiers (Synaposte), pour «diffamation et calomnie sur la personne de Michaël Adandé».

«Le P-DG de La Poste SA n’a pas respecté son engagement, car nous avons signé un pacte de non agression le 6 février dernier», a déploré le président du Synaposte. «Nous sommes curieux et surpris de constater qu’il nous a porté plaine», s’est étonné Jacques Ikapi, relayé par l’hebdomadaire Matin Equatorial. Les syndicalistes sont d’autant plus remontés que leurs leaders ont été convoqués à la Direction générale des recherches (DGR), le 5 mars, où ils ont été auditionnés plusieurs heures durant.

Pour les postiers, le directeur général de La Poste SA a clairement franchi la ligne rouge. Du coup, il n’est plus question de négocier avec Michaël Adandé : seul son départ ramènera la sérénité. «L’ennemi de la Poste s’appelle Adandé. En deux ans et demi de règne, La Poste SA n’a toujours pas décollé. A l’exception des préconisations, rien de concret n’a été fait si ce n’est des emplois communautaires, une grille salariale à géométrie variable, et le fait d’envoyer des fonctionnaires en préretraite, en violation flagrante du code du Travail», ont déploré les syndicalistes.

Le départ de l’actuel patron figurait déjà dans le lot de revendications des postiers, avant le procès-verbal de médiation signé avec la direction générale, le 6 février à Libreville, en présence du ministre de la Communication. «Nous n’avons confiance en ce monsieur. C’est pourquoi nous demandons son départ imminent», a insisté le président du Synaposte.

Au total, 15 points sont contenus dans le cahier de revendications des agents de La Poste SA. Des revendications censées être progressivement prises en compte, à l’instar du versement des salaires à date échue, et le paiement des arriérés de salaire. Or, rien n’a bougé jusqu’ici. «Aujourd’hui, nous n’avons toujours pas nos salaires et pas d’outils de travail adéquat. Depuis son arrivée en 2015, nous faisons du sur place», ont renchéri le syndicalistes.

Selon ces derniers «Le seul mode de gestion de monsieur Adandé est l’injure. Nous ne voulons plus de ça. C’est pourquoi nous disons Adandé dehors, La Poste aux postiers», a conclu le Synaposte.