Revendiquant le paiement d’arriérés de salaires, les membres du Syndicat national des postiers (Synaposte) ont suspendu le paiement des agents de l’Etat domiciliés à la Poste SA, le 24 août à Libreville.

Le porte-parole du Synaposte, Jacques Ikapi, pendant le mouvement d’humeur des postiers, le 24 août 2018 à Libreville. © facebook.com/GabonMediaTime

 

Trop c’est trop ! Tel est le sentiment exprimé par les membres du Syndicat national des postiers (Synaposte), le 24 août à Libreville. Réclamant le versement de trois mois d’arriérés de salaires, ces derniers ont décidé de bloquer le paiement des agents de l’Etat domiciliés à la Poste SA.

«Nous sommes attroupés ici ce matin parce que les postiers vivent une situation de ras-le-bol», a affirmé le porte-parole du Synaposte. «Chaque fin du mois, ils payent les fonctionnaires alors qu’eux-mêmes ne le sont pas. Et cela dure depuis trois ans. Face à cette situation, les postiers ont décidé de ne plus payer les fonctionnaires», a déclaré Jacques Ikapi, dans une vidéo publiée sur Facebook.

Une décision motivée par la «mauvaise foi» du patron de la Poste SA. «Car depuis son arrivée à ce jour, le P-DG de la poste a géré 45 milliards de francs CFA. La masse salariale mensuelle de la Poste est de 450 millions de francs CFA. Soit près de 1,5 milliard sur trois mois. C’est donc une mauvaise volonté de sa part de ne pas payer les postiers», a révélé le porte-parole du Synaposte.

Le mouvement d’humeur des postiers intervient plus d’un mois après le passage du ministre de la Communication à la Poste SA. Guy Bertrand Mapangou avait notamment sensibilisé la direction générale et le Synaposte sur l’impératif de redressement de la société. Or, le Synaposte est d’avis que Michaël Adandé peine à accomplir cette mission depuis a prise de fonction en octobre 2015.

«Depuis que le nouveau P-DG est arrivé, nous ne sommes plus payés à date mais tous les quatre-cinq mois. Nous observons plutôt des recrutements intérimaires d’agents déjà en CDI ailleurs. Nous ne sommes pas payés, mais il y a un compte Bicig qui alimente ces intérimaires chaque fin de mois», a affirmé Jacques Ikapi.

«Il (Michaël Adandé, ndlr) est venu pour le redressement mais au lieu de ça, il s’est pris un véhicule à 80 millions, il a refait son bureau à hauteur de 400 millions, il a mis un système de télésurveillance pour 25 millions, etc. La situation est scabreuse et catastrophique», a-t-il regretté.

Au-delà des arriérés de salaires, le Synaposte réclame aussi le remboursement des salaires indûment coupés. Ou encore, la bonification sectorielle spéciale de 2015. «Nonobstant les promesses du ministre d’Etat en charge de la Communication sur le paiement de nos salaires, nous ne reprendrons pas le travail tant que nous ne verrons pas la matérialisation desdites promesses», a conclu Jacques Ikapi. Les fonctionnaires apprécieront…