Après la suspension pour un mois de son journal, Orca Boudiandza Mouele, rédacteur en chef de La Loupe, regrette «une sanction injustifiée» infligée par la Haute autorité de la communication (HAC), qui n’a pas jugé utile d’entendre ses explications avant.

La Une de La Loupe (n°391) à l’origine de la suspension de la Hac. © Gabonreview

 

Orca Boudiandza Mouele, rédacteur en chef de La Loupe. © D.R.

La Une du 391e numéro de La Loupe intitulée «Voici les ‘‘parasites’’ de la République» a récemment valu à l’hebdomadaire une suspension de paraître d’un mois, ainsi que le retrait des kiosques du numéro incriminé. S’il dit avoir «pris acte de cette décision», Orca Boudiandza Mouele ne l’a pas moins en travers de la gorge. «C’est une sanction injustifiée», estime le rédacteur en chef, tout en assurant que son journal s’est «entouré de toutes les dispositions pour éviter de dénigrer ou de porter atteinte aux personnalités citées et même au métier».

Pour Orca Boudiandza Moulele, «La Loupe est respectueuse de la loi», aussi fait-il remarquer que le mot «parasites» sur lequel s’est basée la HAC pour sanctionner le journal est entre guillemets. «On ne peut pas se permettre d’insulter des personnalités de ce rang, se défend le rédacteur en chef. La HAC nous donne l’impression qu’au Gabon, on n’a plus le droit de titrer librement. Or, on a connu des titres plus durs, y compris dans la presse pro-gouvernementale. Ceci nous laisse penser que la HAC n’est pas très loin de ce qu’a été le CNC, un censeur et une sorte de Père Fouettard.»

Le rédacteur en chef de La Loupe est d’autant plus fâché contre la suspension de son journal qu’il affirme ne pas avoir eu l’opportunité de se défendre.

«On aurait aimé être convoqué pour nous défendre, et surtout montrer que le terme utilisé n’est pas un jugement de notre part comme la HAC tente de le faire croire, mais qu’il s’agit en réalité de la perception de l’opinion. Les Gabonais dans leur majorité assimilent ces personnalités à des parasites au sens premier du terme. Il n’y a qu’à consulter le dictionnaire Larousse pour le comprendre. Les personnalités citées profitent des richesses du pays depuis plusieurs décennies. C’est un fait. Le dire est-ce les insulter ? Ces familles ne profitent-elles pas du contribuable pour vivre ? Nous n’avons fait qu’écrire le ressenti des populations, et rien d’autres», se défend Orca Boudiandza Mouele, qui n’entend pas faire recours de la sanction infligée à son journal.

Il n’empêche, la HAC a estimé que «le terme ‘‘parasite’’ (qui) renvoie à une culpabilité non établie (…) constitue une incitation à la haine et un manquement grave aux dispositions (de l’article 87 du Code de la communication)».