Déplorant cette décision violant les textes internationaux encadrant l’activité syndicale, la Dynamique unitaire a réitéré son soutien à la confédération syndicale suspendue. En guise de représailles, elle a également appelé l’ensemble des travailleurs à «durcir le mouvement de grève générale déclenchée le 7 janvier dernier».

Jean Remy Yama, président de la confédération syndicale Dynamique unitaire. © D.R.

 

A l’instar d’autres structures syndicales du secteur éducation, la Dynamique unitaire a, elle aussi, donné de la voix, le 19 mars dernier, en réaction à la suspension des activités de la Confédération nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed). «Cette décision du gouvernement viole les textes internationaux protégeant et encadrant l’activité syndicale dans un pays démocratique», s’est insurgée la Dynamique unitaire.

Le groupement syndical a ainsi invité les autorités gabonaises à «réviser leur décision, si tant que le Gabon reste un Etat de droit». Dans le même sens il a également interpellé la communauté internationale et les partenaires internationaux représentés au Gabon, ainsi que les représentations diplomatiques ; à «réagir face à de telles dérives montrant à suffisance que les indicateurs de la démocratie sont au rouge car, l’Etat de droit est menacé au Gabon».

Pour conforter ses dires, la Dynamique a notamment listé les actions phares posées par le ministre de l’Education nationale, depuis le début de la crise dans le secteur éducatif, en octobre 2016. Il s’agit de la publication, en janvier dernier, d’une circulaire dans laquelle Florentin Moussavou menace de couper les salaires des enseignants en cas de non reprise des cours ; de la suspension, à la demande du ministre de l’Education nationale, des salaires de 807 enseignants et la menace de radiation de 19 autres.

Plus récemment, la suspension des activités de la Conasysed, le 17 mars dernier, a aussi été mise en avant par le Dynamique unitaire. «Comment peut-on suspendre les activités d’une famille composée de sept membres, et appeler individuellement chaque membre à la négociation ?», a interrogé le groupement syndical, se réjouissant par ailleurs que cet appel aux négociations ait été rejeté par les syndicats concernés.

Pour la Dynamique unitaire, il ne fait aucun doute que «toutes ces manigances font du ministre de l’Education nationale, le véritable pyromane de la crise actuelle en réactivant chaque fois le feu lorsqu’il est sur le point de s’éteindre». Réitérant son soutien sans faille à la Conasysed, la confédération syndicale a annoncé la saisine, dès ce 20 mars, de toutes les juridictions compétentes avec, en ligne de mire, la demande de sanctions contre les autorités gabonaises.

Invitant par ailleurs les travailleurs à durcir le mouvement de grève générale déclenchée le 7 janvier dernier, la Dynamique unitaire a demandé aux Gabonais, associations de parents d’élèves et d’étudiants, ONG, syndicats et tout démocrate épris de démocratie, de répondre présent à l’ensemble des manifestations qu’elle organisera à compter de ce 20 mars.