Le journal Le Monde révèle ce mardi 24 avril que l’homme d’affaires, artisan au Gabon de l’accaparement d’un port construit à 100% par Olam à Owendo, a été placé en garde à vue ce matin à la Police judiciaire de Nanterre.

Vincent Bolloré. © REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Vincent Bolloré a été placé en garde à vue ce matin à Nanterre, révèle Le Monde. L’homme d’affaires Breton est soupçonné de corruption en Afrique. Plus précisément, l’information judiciaire a été ouverte «corruption d’agents publics étrangers». Deux autres cadres du groupe sont également auditionnés ce mardi matin : le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix, et Jean-Philippe Dorent, responsable du pôle international de l’agence de communication Havas.

Dès l’annonce de cette garde à vue, nombreux au Gabon se sont remémorés de l’accaparement, en octobre 2017, par Bolloré Transport & Logistics dans un flou artistique inédit, du New Owendo International Port construit à 100 % par Olam. Ce après un chantage télévisuel avec le violent documentaire «Complément d’enquête. Le clan Bongo : une histoire française», diffusé sur France 2 à grand renfort médiatique.

Toujours au Gabon, Bolloré Africa Logistics a été attaqué et mis à nu par un collectif d’ONG gabonaises lui imputant la principale cause de la vie chère dans le pays : Super monopoleur au port d’Owendo, les coûts prohibitifs de ses prestations impactent le panier de la ménagère gabonaise.

Vincent Bolloré «est entendu dans le cadre d’une enquête sur les conditions d’octroi des concessions des ports de Conakry (Guinée) et de Lomé (Togo), en 2010», précise Libération.

Le 12 avril dernier, Le Monde informait déjà que la PJ de Nanterre s’intéressait aux activités de la société Havas, propriété du milliardaire. Les policiers le soupçonnent notamment d’avoir fait jouer son bras publicitaire pour faciliter l’obtention de la gestion des deux ports africains. «En échange, Havas est soupçonné d’avoir assuré des missions de conseil et de communication pour aider des dirigeants africains à accéder au pouvoir», ajoute Franceinfo.

Selon de nombreux titres français relayant l’information, après avoir saisi de nombreuses pièces comptables, lors de leurs perquisitions chez Havas, en 2014 et 2015, puis au siège de Bolloré, à Puteaux, en avril 2016, les enquêteurs ont acquis la conviction que des dépenses électorales des deux présidents africains, Alpha Condé (Guinée) et Faure Gnassingbé (Togo) ont été prises en charge par le groupe Bolloré. Ils ont notamment récupéré des factures adressées par Havas à Bolloré Africa Logistics pour de prétendues prestations de communication en Guinée. Des factures, payées par BAL, qui correspondraient en fait à des prestations destinées à la campagne d’Alpha Condé.

Seulement, du côté du Groupe Bolloré, l’on «dément formellement» ces soupçons qui pèsent sur la filiale SDV Afrique et la société Havas. «Le lien qui tente d’être fait par certains entre l’obtention de ces concessions et les opérations de communication est dénué de tout fondement économique et révèle une méconnaissance lourde de ce secteur industriel», réagit le Groupe industriel dans un communiqué relayé par les médias français.

Au siège de Puteaux (France), l’on assure par ailleurs qu’Havas «apporte son expertise dans le monde entier dans des conditions de transparence irréprochable».