L’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, déjà inquiété par la justice française en août 2015, a finalement été inculpé à Paris en novembre dernier. Il est soupçonné de corruption, entre autres délits.

Accusé de corruption, Maixent Accrombessi est amené à s’expliquer devant la justice française. © ny-forum-africa.com

 

Son interpellation puis sa courte garde à vue survenues le 5 août 2015 à Paris avaient créé un tollé au Gabon. Les relations entre la France et le Gabon s’étaient d’ailleurs quelque peu froissées, d’autant que Libreville criait à une «tentative d’humiliation». Si tout avait fini par revenir à la normale, quelques heures après, les soucis judiciaires de Maixent Accrombessi n’avaient, en réalité, cessé que pour le temps qu’il occupait encore ses fonctions aux côtés du chef de l’Etat gabonais.

Débarqué en 2016, l’ancien directeur de cabinet ayant perdu son immunité diplomatique est désormais appelé à répondre de ce qui lui avait été reproché à l’époque. Selon l’AFP, il a été inculpé le 17 novembre 2017. Une information que le palais du bord de mer n’a pas souhaité ébruiter, alors que Maixent Accrombessi occupe actuellement la fonction de haut représentant personnel du président de la République.

L’ancien puissant «dircab» est soupçonné par la justice française de «corruption passive d’agent public étranger», de «blanchiment en bande organisée de corruption passive», de «faux et usage de faux». Maixent Accrombessi, rapporte une source judiciaire relayée par l’AFP, vendredi 22 décembre, est «soupçonné d’avoir perçu illégalement de l’argent d’une entreprise française», Marck, spécialisée dans la fabrication d’uniformes militaires, dit-on, en échange de l’attribution d’un marché public de plusieurs millions d’euros au Gabon. Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en 2007. Le Figaro rappelle que depuis 10 ans, «les policiers de l’Office central anti-corruption (OCLCIFF) s’interrogent sur différents virements, l’un d’environ 300.000 euros et six autres d’un montant total avoisinant les 2 millions d’euros, tous émis par le groupe Marck sur des comptes appartenant à des sociétés gérées par Maixent Accrombessi ou des proches, dont l’homme d’affaires Seydou Kane».

En 2005, au moment des faits, Maixent Accrombessi était un proche collaborateur d’Ali Bongo, lui-même à l’époque ministre de la Défense nationale.