Pour le ministre des Transports et de la Logistique, les difficultés financières actuelles de la Société gabonaise de transport (Sogatra) sont la conséquence d’une gestion jugée peu orthodoxe de la comptabilité de l’entreprise publique. Sans les nommer, Justin Ndoundangoye accuse les anciens patrons de la boîte d’avoir distrait plus de 4 milliards de francs entre 2016 et 2017.

Justin Ndoundangoye, en compagnie du PCA et des membres du comité de restructuration de la Sogatra, le 13 septembre 2018, à Libreville. © D.R.

 

Inévitablement, l’on s’achemine vers une restructuration de Sogatra. Mis sur pied il y a quelques temps, un comité dédié a lancé des réflexions et des enquêtes internes dans le but de déterminer les raisons ayant conduit à la crise qui secoue la Société depuis plus de deux ans au moins. Les rapports soumis, le 13 septembre, par les différentes commissions mises en place au sein dudit comité sont loin de rassurer quant à l’avenir de Sogatra. Mieux, il laisse penser que des poursuites judiciaires pourraient être lancées par la tutelle contre les anciens responsables de l’entreprise.

«Le constat est calamiteux», a regretté lundi Justin Ndoundangoye sur sa page Facebook. S’il ne cite aucun nom, le ministre des Transports et de la Logistique n’a pas moins critiqué le style de gestion des prédécesseurs d’Alphonse Oyabi-Ngnala, l’actuel directeur général de Sogatra. Selon le membre du gouvernement, «la Sogatra a été gérée sans aucune norme comptable».

Pour lui, «il apparaît clairement qu’il y a eu beaucoup de détournements de deniers publics». Entre 2016 et 2017, ce sont plus de 4 milliards de francs CFA qui auraient été distraits des caisses de la société. Aussi,Justin Ndoundangoye estime-t-il que «les responsabilités doivent être établies et chacun devra un jour répondre de ses actes». Mais en attendant,  le ministre en est convaincu : «les efforts du chef de l’Etat à offrir à ses compatriotes un système de transport public social et efficace n’ont porté aucun fruit».