Au travers deux notes, Bruno Ben Moubamba a suspendu de ses fonctions le directeur général de la Société nationale immobilière et nommé aussitôt son remplaçant interimaire.

Juste Valère Okologo. © D.R.

 

Vice-Premier ministre, ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement, Bruno Ben Moubamba est résolument un homme pressé. Alors qu’une enquête a été ouverte, à la mi-janvier 2017 à la Direction générale de la recherche (DGR) de la Gendarmerie nationale au sujet du financement BGFI-Bank des logements sociaux et que Juste Valère Okologo, directeur général de la Société nationale immobilière (SNI) y a été interrogé sans être directement mis aux arrêts comme il en a été pour Magloire Ngambia notamment, Bruno Moubamba a suspendu le directeur de la SNI de ses fonctions pour une durée de trois mois.

Non datée, mais vérifiée par Gabonreview auprès du cabinet du vice-Premier ministre, une note de Bruno Ben Moubamba à l’attention du DG de la SNI, lui signifie en effet qu’«En prévision des résultats de l’audit des services publics diligenté par le gouvernement et au regard des enquêtes préliminaires en ma possession. Je vous notifie officiellement la suspension pour une période de trois (3) mois de vos fonctions au poste de Directeur général de la Société nationale immobilière». Avec ampliation au Premier ministre, au directeur de cabinet du président de la République et au ministre de la Fonction publique notamment, une décision, également non datée, nomme Yvon Patrick Medoua Nze, jusque-là directeur général adjoint de la structure, au poste de Directeur général intérimaire de la SNI, en remplacement de Juste Valère Okologo.

La décision de Bruno Ben Moubamba qui attendra certainement d’être entérinée par sa hiérarchie gouvernementale n’a pas manqué de susciter de nombreux commentaires. Certains ont notamment relevé que «nommé en octobre 2009 à l’issue du tout premier conseil des ministres du premier mandat d’Ali Bongo, le DG de la SNI ne peut être également demis que par décision du conseil des ministres». D’autres commentateurs se demandent comment Bruno Ben Moubamba peut-il être en possession des résultats préliminaires d’une enquête judiciaire ? Par quel calcul a-t-il estimé à trois mois l’aboutissement des investigations ? L’enquête ayant amené à l’audition de Juste Valère Okologo à la gendarmerie s’inscrivant dans le cadre de l’opération d’assainissement des finances publiques, on en vient à se poser des questions sur le secret de l’instruction et à se demander si le vice-Premier ministre, ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement en est le plaignant et si les retours d’information devraient lui être destinés. Le prochain conseil des ministres va-t-il entériner ce qui apparaît comme un excès de zèle ?