Dans une interview accordée à Gabonreview au terme de l’assemblée générale du mercredi 21 juin, avec les actionnaires de Siat Gabon lassés d’attendre le paiement de leurs dividendes, le président du conseil d’administration partage son espoir d’un avenir meilleur pour la société agro-industrielle. Il annonce la poursuite du plan de restructuration lancé depuis des mois ainsi que de nouveaux projets.

Pierre Vandebeeck, PCA de Siat Gabon, le 21 juin 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Gabonreview : Que peut-on retenir de l’assemblée générale que vous venez de tenir ce matin avec les actionnaires ?

Les discussions que nous avons eues ce matin nous ont d’abord permis de communiquer avec les actionnaires sur certains sujets autour du rapport d’activités de l’exercice 2016.

L’année 2016 a principalement été marquée par la cession à Olam des actifs du secteur palmier. Qu’est-ce qui a justifié cette décision ?

Il y a un an, je savais que les nouvelles de cette année seraient mauvaises. Ce qui explique pourquoi nous avons vendu nos avoirs palmiers à Olam et restructuré profondément la société, afin de réduire notre courbe opératoire. Je suis heureux de constater une nette amélioration dès les cinq premiers mois de cette année 2017. Cela signifie donc que la décision prise en 2016, si elle a été difficile et douloureuse, a été la bonne. D’autant qu’elle nous permet de garantir la pérennité de la succursale de Siat au Gabon. Avec le palmier, on n’arrêtait pas de perdre de l’argent. Je vous informe que sur dix ans, nous avons perdu l’équivalent de 100 millions de dollars.

Doit-on comprendre qu’avec l’élevage et la culture de l’hévéa Siat Gabon renouera avec le profit ?

© Gabonreview

S’agissant de ces deux secteurs, sur une période de dix ans, nous n’avons jamais perdu d’argent, alors que sur le palmier à huile, oui. Nous avons, en quelque sorte changé le fusil d’épaule, pour se concentrer davantage sur l’hévéa et l’élevage qui, ensemble, feront une très bonne société de Siat Gabon.

On peut donc espérer que les dividendes réclamés par les actionnaires depuis des mois soient payés…

Absolument ! Si les cours du caoutchouc s’améliorent un tout petit peu, l’année 2017 sera une année positive. Ça ira de mieux en mieux.

Et que répondez-vous aux actionnaires qui, lassés d’attendre le mieux que vous prédisez, souhaitent désormais vendre leurs parts ?

A ceux qui veulent vendre, je réponds que je suis preneur. C’est le mieux qu’on puisse faire, non ? Il s’agit d’avoir confiance en l’avenir.

Vous comprenez certainement qu’ils n’ont pas autant confiance que vous en l’avenir. Quel est d’ailleurs l’état de santé de Siat Gabon aujourd’hui ?

D’une manière globale, je dirai que l’année 2017 sera une des années record du Groupe Siat. Nous sommes très forts dans le secteur du palmier à huile, notamment au Nigéria et au Ghana où nous somme numéro 1 sur le marché de l’huile de palme. Du point de vue de l’hévéaculture, nous continuons de planter et de former sur la saignée et la culture. Tout ceci mis ensemble, me permet de dire que 2017 sera une excellente année pour le Groupe.

Une idée sur le chiffre d’affaires ?

Moment de l’assemblée général avec les actionnaires, le 21 juin 2017 à Libreville. © Gabonreview

Nous allons dépasser, pour la première fois, les 300 millions d’euros.

Au cours de l’assemblée générale, vous avez informé les actionnaires de la nécessité de faire des économies dans les mois qui viennent. En quoi cela consiste-t-il et quels secteurs seront touchés ?

La restructuration, au niveau de Siat Gabon, n’est pas encore tout à fait terminée. Nous avons des avoirs à Libreville qui dorment, nos bureaux entre autres. On n’a pas besoin de ces bureaux situés quasiment au centre de la capitale. Nous allons les vendre. Nous allons par la suite installer notre logistique à Owendo, pour n’avoir à Libreville qu’une représentation. La plupart du personnel sera délocalisée soit à Mitzic, soit à Oyem où nous aurons un bureau principal, parce que dans l’avenir nous comptons investir dans le cacao.

On ne devrait donc pas s’attendre à des licenciements économiques à Siat Gabon.

Il n’y en aura plus. C’est fini !