Le directeur du Marathon du Gabon est revenu sur les grands enseignements de la cinquième édition, les 2 et 3 décembre à Libreville. Du nombre des participants à la prestation des Gabonais et l’organisation, en passant par l’édition 2018, Sébastien Bottari n’élude aucun point dans cette interview accordée à Gabonreview.

L’arrivée de l’épreuve 10 km du Marathon du Gabon, le 3 décembre 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Gabonreview : Comment vous est venue l’idée d’organiser le marathon du Gabon ?

Sébastien Bottari : Tout a démarré en 2012 avec la co-organisation au Gabon de la Coupe d’Afrique des Nations (Can), événement auquel j’avais été invité. Juste après, une question m’est venue à l’esprit : qu’est-ce qu’on pourrait faire pour continuer à profiter de cette vague positive ? Car, cette Can avait été un véritable succès, notamment populaire. C’est à ce moment que m’est venue l’idée d’organiser la première édition du Marathon du Gabon, dès 2013.

Après cinq éditions de ce rendez-vous sportif international, quel bilan général en tirez-vous ?

Je m’appesantirai plus sur la cinquième édition, riche en enseignements, notamment, autour de l’engouement qu’elle a suscité. En effet, nous avons enregistré plus de 16 200 inscriptions sur cette manifestation. Ce qui constitue notre record. Sportivement, il était important d’essayer de battre ce qui se faisait le même jour de l’autre côté de la planète. Il s’agit du marathon de Singapour qui s’est couru le même jour, à quelques heures d’écart. Et, où le temps a été établi à 2h22’ contre 2h21 au Gabon. Nous sommes assez contents. D’autant que nous avons également battu le record du marathon chez les dames en 2h44’.

L’autre enseignement à l’issue de cette cinquième édition est que les Gabonais ont beaucoup progressé sur le «10 km» et le «semi-marathon». Nous avons des temps de plus en plus convenables sur ces deux distances-là. Nous avons également noté que beaucoup d’inscrits sur le «10 km», l’année dernière, se sont lancés sur le «semi-marathon» cette année. La mayonnaise a définitivement pris.

Existe-t-il des différences au niveau de l’organisation d’un événement de cette envergure au Gabon et ailleurs, comme en Europe ?

En ce qui nous concerne, nous organisons des événements sportifs ailleurs qu’au Gabon. Dès lors que nous remplissons le cahier des charges de l’IAAF (Association internationale des fédérations d’athlétisme, ndlr) pour avoir le label Bronze ; que ce soit à Tombouctou, à Singapour, à Paris ou à Libreville, les standards demeurent identiques. Après, c’est une capacité d’adaptation selon les territoires dans lesquels vous vous trouvez, pour susciter l’engouement. Mais pour ce qui est de l’organisation, en elle-même, les standards sont les mêmes. Tant sur la sécuritaire sanitaire, la sécurité routière…partout dans le monde, les standards sont les mêmes.

Sébastien Bottari. © D.R.

Au niveau de l’organisation, y a-t-il des difficultés particulières auxquelles vous êtes confrontés à Libreville ?

Il n’y en a pas spécialement. Peut-être au début, où il fallait convaincre. Mais au-delà, non. C’est une course qui plait par sa diversité au niveau des participants, avec un format pour tout le monde : les enfants, les papas, les mamans et les professionnels.

Peut-être un mot sur le retour de vos différents partenaires…

Les retours sont positifs au niveau des partenaires institutionnels. Que ce soit la police, la sécurité médicale ou encore l’Agence nationale de gestion et d’exploitation des infrastructures sportives et culturelles (ANAGEISC), ces partenaires sont satisfaits de cette manifestation sportive. Les partenaires financiers, pour beaucoup d’entre eux, nous ont renouvelé leur confiance pour l’année prochaine.

Quid du bilan financier du Marathon du Gabon ?

Nous avons un partenariat avec Olam. C’est un contrat dont je n’ai pas l’autorisation de divulguer le montant. Dans tous les cas, nous nous adaptons selon le nombre de coureurs et nous avons un partenaire financier par secteur d’activités. Il n’y a pas de commentaires particuliers à faire sur l’aspect financier. Par contre, je dirais que nous reversons l’intégralité des fonds récoltés sur la «Gabonaise». En effet, le montant intégral des inscriptions de cette course est reversé à la Fondation Sylvia Bongo Ondimba (FSBO) pour son programme «Agir contre le cancer». Soit un peu plus de 10 millions de francs CFA.

Quels sont vos projets pour 2018 ?

Nous sommes déjà sur les starting-blocks pour 2018. Nous sommes là pour continuer à progresser, nous nous remettons toujours en question, car nous sommes perpétuellement en quête de perfection. Avant le marathon 2018, il y aura la deuxième édition du «10 km» de Port-Gentil, prévue le 23 juin. Cet événement permet à tous les coureurs, à six mois d’intervalle, de se préparer pour la sixième édition du marathon. Par ailleurs, cette course devrait également être labélisée au terme de la manifestation. Car, sur le parcours nous avons la deuxième performance mondiale en 2017.