La cinquième édition de la campagne annuelle de mobilisation en faveur du dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus, Octobre rose, a été lancée le 30 septembre, par le ministère de la Santé et de la Famille à Libreville.

Les femmes venues nombreuses au Palais des Sports de Libreville pour la première session de «Fitness rose», le 30 septembre 2018. © Gabonreview

 

Le ministère de la Santé et de la Famille a lancé l’édition 2018 d’Octobre rose, le 30 septembre, au Palais des sports de Libreville, sous le thème « sport et santé». Le 1er octobre, la campagne de dépistage va démarrer dans tous les centres de santé de Libreville et dans les Centres hospitaliers universitaires (CHU). A l’intérieur du pays, elle sera effectuée dans les centres hospitaliers régionaux.

Selon le Secrétaire général du ministère de la Santé, Dr. Guy Patrick Obiang Ndong, «au Gabon, cela fait 4 ans que ce concept a été développé grâce au programme «Agir contre le Cancer» de la Fondation Sylvia Bongo Ondimba». «Ce programme a permis de sauver des vies à de nombreuses femmes qui, grâce à Octobre rose, sont allées dans des structures se faire dépister et certaines vies ont été sauvées parce que lors de ces dépistages, l’on a constaté que certaines avaient des lésions précancéreuses qui pouvaient être soignées rapidement, tandis que certaines étaient à un stade élevé de la maladie. Ce qui a permis une prise en charge à l’Institut de cancérologie de Libreville», a-t-il déclaré.

Pour cette cinquième édition, portée par la thématique «Sport et Santé», il est question, selon le Dr. Nathalie Ngounda, directrice de Prévention et de Contrôle du Cancer au ministère de la Santé, d’«intégrer le sport et l’alimentation saine à la lutte contre le cancer». Le sport permet non seulement de maintenir la forme, d’améliorer la santé, mais de réunir les femmes et les mobiliser afin qu’elles puissent être sensibilisées sur la question. La mauvaise alimentation, soutient le Dr. Ngounda, fertilise le terrain pour le cancer, y compris les IST. «L’excès de sucre et de graisse entraînent la production des toxines qui favorisent l’accroissement des cellules cancéreuses. Il y a également les infections sexuellement transmissibles (IST), notamment en ce qui concerne le cancer du col de l’utérus. Ce qui implique la prévention par le port du préservatif ou le retard par exemple du premier rapport sexuel».

Pendant ce mois, l’objectif est d’amener le maximum de femmes vers les centres de santé pour le dépistage. «Le cancer est une maladie silencieuse, qui évolue sans bruit dans notre organisme et la vie cachée du cancer est entre 10 et 15 ans. C’est pourquoi il faut toujours promouvoir le dépistage parce que nous pouvons croire que nous sommes bien portants alors que la maladie se développe», a rappelé le Dr. Guy Patrick Obiang Ndong.

Si le taux de prévalence de la maladie n’est pas connu, les médecins affirment que «les chiffres sont élevés et alarmants». Et, aujourd’hui, seules 20% de femmes adhèrent au dépistage du cancer du col. Or, l’on devrait être à 100% d’adhésion au dépistage. «C’est pour quoi tant que cet objectif n’est pas encore atteint, nous allons poursuivre cette sensibilisation», a déclaré le Dr. Obiang. «Nous invitons les femmes à venir se faire dépister pour ces deux cancers. Il faut aussi le faire pour ceux qu’on aime», a-t-il plaidé.

Chaque année, au mois d’octobre, la communauté internationale se mobilise pour intensifier la lutte contre les cancers féminins, à travers le programme «Octobre rose». La vocation de ce programme est de promouvoir le dépistage du cancer du col de l’utérus et du sein, en touchant le plus des cibles possible.