Actuellement dans un état de dégradation avancée, la route de Bolokobouet, au Cap Estérias, est au cœur des inquiétudes des populations locales. D’autant que cette voie représente un atout considérable du développement de cette localité située à une trentaine de kilomètres de Libreville.

La principale route de Bolokobouet, au Cap Estérias, est dans un état de délabrement avancé. © Gabonreview

 

Vecteur de développement, la route rempli difficilement ce rôle dans la localité de Bolokobouet, au Cap Estérias, dans la commune d’Akanda. En effet, la route traversant cette localité est dans un état de dégradation avancée. Une situation inquiétante, ayant même contraint le chef coutumier de la communauté Benga à organiser une réunion d’urgence sur la question, le 16 décembre Bolokobouet.

«Le chef coutumier de la communauté Benga a convoqué une réunion avec des notables et chef de quartiers pour parler du problème de la route qui dessert la localité de Bolokobouet. La route y très dégradée alors que parallèlement, la localité est très habitée», a confié le premier conseiller du roi des Benga. «Lors de son accession au trône en 2014, le roi avait déjà pris l’initiative de discuter de l’état de la route et bien d’autres sujets. En 2015, une marche de protestation avait même été organisée pour interpeller les pouvoirs publics sur l’état de la route», a poursuivi Sébastien Oupolongo.

Sébastien Oupolongo, évoquant les risques d’un pont de fortune réalisé par les populations locales. Et, un moment de la réunion convoqué par le roi Benga, le 16 décembre 2017 à Libreville. © Gabonreview

Selon le conseiller du roi, la pluie participe énormément à la dégradation de la voie. «Le premier pont sur la route était très dégradé. Il a été rafistolé par la population. Un kilomètre plus loin, il y a un autre pont dans un état d’affaissement très avancé. Nous ne sommes qu’à la petite saison des pluies. Qu’adviendra-t-il lors de la grande saison des pluies ? Si rien n’est fait, les ponts vont complètement s’affaisser», a-t-il expliqué. En conséquence, la circulation sera impossible, notamment pour les voitures basses.

D’où la réunion de «crise» organisée par le roi, pour interpeller les notables et populations sur les solutions urgentes à envisager pour atténuer la dégradation de la route. «Nous sommes conscients que l’Etat ne peut pas tout faire. D’autant qu’il est sérieusement en difficulté», a reconnu Sébastien Oupolongo. Si solutions il y a, celles-ci pourraient cependant être réduites à néant avec l’exploitation de la route par les opérateurs économiques.

En effet, certains opérateurs économiques disposent de carrières dans la localité. Des activités dont les populations locales disent ne pas bénéficier des retombées. Elles espèrent ainsi surfer sur cet aspect pour contraindre les opérateurs économiques à entretenir la voie, en contrepartie de leurs activités. «Nous envisageons voir comment ils peuvent participer à la réhabilitation de la route. Car, en plus de la pluie, les camions et autres engins lourds des opérateurs économiques participent grandement à la détérioration de la route», a estimé Sébastien Oupolongo.

Les populations espèrent que cet horizon sera atteint. «Si la route est praticable, s’il y a plus de bornes d’eau potable, il y aura inévitablement plus de populations installées ici. Cela contribuerait au développement de la zone», ont indiqué leurs représentants. D’autant que nombre de ressources agricoles ravitaillant Akanda et Libreville transitent par cette voie. C’est donc dire l’importance de la route de Bolokobouet.

Parallèlement, les populations de la localité n’excluent pas la possibilité de recourir à d’autres voies pour se faire entendre. «Le roi de la communauté Benga à le pouvoir de saisir la force publique, à l’instar de la brigade de gendarmerie, pour bloquer tous les camions», ont averti les populations de Bolokobouet. A bon entendeur…