Après la résolution adoptée récemment par le Parlement européen sur la crise politique au Gabon, l’ancien ministre de la Justice Séraphin Moundounga et d’autres soutiens de Jean Ping s’activeraient pour obtenir le déclenchement de l’article 8 de l’accord de Cotonou adopté en 2000 pour une durée de 20 ans.

Le président de l’ONG Unité, Séraphin Moundounga, sur le plateau de l’émission «Et si vous me disiez toute la vérité» de TV5 Monde, le 25 février 2017. © Capture d’écran / Gabonreview

 

Le dialogue politique souhaité par Ali Bongo Ondimba pour réconcilier la peuple avec ses institutions ne s’est pas encore ouvert que déjà, ses adversaires réfléchissent sur les moyens de faire accélérer le déclenchement de l’article 8 de l’accord de Cotonou qui ouvre droit à un «dialogue politique» entre les États de l’UE, d’une part, les organismes de l’UE d’autre part et l’État qui aurait violé les valeurs, soit de démocratie, l’état de droit ou le droit de l’Homme.

Contrairement aux pessimistes, et à ceux qui pensent que la résolution de l’Union européenne adopté le 2 février dernier n’est basée que sur le seul rapport des observateurs européens et qu’elle ne saurait être contraignante pour le régime en place, le président de l’ONG Unité, Séraphin Moundounga, lors de son passage sur le plateau de l’émission «Et si vous me disiez toute la vérité», de la chaîne de télévision publique française TV5 Monde, le 25 février dernier a tenu à réaffirmé son engagement et la détermination du peuple de faire en sorte et de façon progressive que son choix exprimé le 27 août 2016 puisse triompher.

«La valeur contraignante est contenue dans le processus ayant conduit à l’existence de cette résolution (…). Le processus international en matière de coercition, est un processus organisé qui tient compte de tout l’ensemble de règles définies autour des Nations unies et notamment le règlement pacifique de tous les différends par les moyens pacifiques. Et bien sur, c’est lorsque les moyens pacifiques sont usés qu’il faut envisager la mise en œuvre des moyens coercitifs. C’est pour cela que les gens ont l’impression que la communauté internationale ne serait pas suffisamment mobilisée pour la cause du peuple gabonais alors que le processus est en cours», a assuré l’ancien Garde des sceaux.

Pour Séraphin Moundounga, tout est que question de temps et de respect de la chronologie des actions défini par l’accord de Cotonou, cadre dans lequel s’inscrivent les relations entre l’UE, d’une part, et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’autre part. «Si l’application de l’article 8 de l’accord de Cotonou fait l’objet d’obstruction ou de dilatoire par Ali Bongo Ondimba, il va être mis en œuvre l’article 96 du même accord et si cet article 96 n’aboutit pas, la résolution du parlement européen prévoit dans ce cas, la mise en œuvre des sanctions ciblées qui viseront Ali Bongo Ondimba, son entourage familiale, politique, ainsi que l’ensemble de toutes les institutions et animateurs du processus électoral au Gabon et de la violation particulièrement gravement des droits de l’homme en République gabonaise», a-t-il expliqué.

Pour le président de l’ONG Unité, les sanctions ciblées feront en sorte que la paix et la démocratie triomphent au Gabon.