Prévue le lundi 1er octobre, la rentrée scolaire ne s’est finalement pas déroulée comme l’annonçait le ministre de l’Education nationale. Elle n’a commencé dans aucun établissement scolaire public de Libreville.

La plupart des établissements scolaires publics sont restés fermés depuis le 1 er octobre 2018, date de la rentrée scolaire. © D.R.

 

Quatre jours après la date officielle annoncée par le ministre de l’Education nationale, Françis Nkéa Ndzigué, la rentrée des classes piétine dans les écoles, collèges et lycées publics du pays. Les choses semblent encore bloquées, selon plusieurs parents et responsables syndicaux, à cause des élections législatives et locales devant se dérouler le 6 octobre.

A l’épreuve des faits, de passage dans des écoles maternelles, primaires, collèges et lycées publics de la capitale gabonaise, le constat est le même. Les cours sont entièrement vides. Si l’établissement n’est pas carrément fermé, dans certains cas, l’on y fait des inscriptions et des réinscriptions. Mais dans la plupart des cas, des parents ou des élèves, venus s’enquérir de la situation, retournent dépités. «On ne comprend pas ce qu’il se passe. Il n’y a pas de notes qui nous disent ce qu’il y a lieu de faire», a déclaré Martine, élève au Lycée Jean-Hilaire Aubame Eyéghé.

Selon un parent rencontré dans la cours du lycée de Diba-Diba, n’ayant pas encore inscrit ses deux enfants, «les élections législatives et les locales sont à l’origine de ce blocage de l’administration scolaire». «C’est n’est d’ailleurs pas que l’école qui est bloqué dans ce pays. Tout est bloqué !», a-t-il déclaré, furieux. Comme lui, de nombreux parents expliquent ce retard à l’allumage par le fait que «tout le monde est engagé dans ces élections».

«Le ministre de l’Education est candidat. Les proviseurs et autres enseignants sont candidats. Comment voulez-vous qu’ils aient le cœur à l’ouvrage ?», s’est interrogé Jean-Paul, lui-même enseignant à la retraite. «Dans ce pays, on ne prendre rien au sérieux. Est-ce que ceux qui nous gouvernement s’imaginent un instant qu’ils sont en train de tuer tout un pays ? S’imaginent-ils le stress qu’ils causent à tout ce monde ?», s’est-il écrié.

Cette année, même les établissements privés ont eu du retard à l’allumage. «La rentrée était bien le 1er octobre», a déclaré, hilare, la directrice d’une école primaire privée au quartier Nzeng-Ayong-Fin-Goudron. Seule dans l’établissement, assise dans son bureau avec la porte grande ouverte, elle attend recevoir des parents qui viennent inscrire leurs enfants à compte-gouttes. «Tout ça est dû à ces élections. D’habitude, à pareil moment, les enseignements ont véritablement commencé dans cette école», a-t-elle lâché, avant d’indexer l’inorganisation du ministère de l’Education nationale.

«Le ministre avait déclaré que la rentrée se ferait avec de nouveaux responsables d’établissements. Jusqu’alors, on attend ces nominations. Que dit-il ? Pourquoi n’avoir pas laissé que les responsables travailler normalement en attendant ces nominations ?», s’est-elle interrogée.

En attendant ces élections fixées au 6 octobre, des écoles et lycées ont été transformés en lieux de retraits de cartes d’électeurs. Ils devront également abriter les bureaux de vote pour ces législatives et les locales. «La vraie rentrée risque d’attendre encore un peu plus», a raillé un militant d’un candidat en campagne.