Sauvagement agressé à la machette pour un motif à peine croyable, un saigneur, employé à Siat-Gabon, lutte pour sa vie depuis le 20 novembre dernier à l’hôpital d’Oyem.

Le présumé agresseur, son arme entre les dents. © Gabonreview

Le présumé agresseur, son arme entre les dents. © Gabonreview

 

C’est certainement l’affaire la plus inimaginable que les gendarmes de la brigade de Siat-Gabon à Mitzic, dans le Woleu-Ntem, ont eu à gérer depuis plusieurs années : une agression pour des raisons aussi ridicules qu’incompréhensibles. S’étant rapproché des gendarmes, Kevin, un jeune ouvrier, raconte : «Dans la journée du 20 novembre, alors qu’ils se trouvaient tous les deux dans leur appartement, deux saigneurs, employés à la société Siat-Gabon, ont vu venir vers eux un groupe d’individus parmi lesquels se trouvait un gendarme. Pris de peur à l’idée de se faire arrêter, sachant qu’il vit au Gabon sans titre de séjour, Abdoulaye Dimyela a décidé de prendre la fuite par la fenêtre arrière de la maison. Une attitude que son frère Salif n’a pas comprise. Pourtant, le lendemain, alors qu’il était en train de prier, il a été surpris par l’agression violente de son compatriote qui, sans demander son reste, lui a assené plusieurs coups de machette, l’amputant presque de la main droite, lui déchirant la partie droite du visage en partant de la bouche jusqu’au cou, le blessant gravement sur toutes les parties du corps. La vision de ces blessures était tout simplement insoutenable.»

Salif, pris en charge par les médecins avant son évacuation sur Oyem. © Gabonreview

Salif, pris en charge par les médecins avant son évacuation sur Oyem. © Gabonreview

Si Kevin, comme d’autres témoins, a dit avoir été traumatisé par la violence de cette agression, le motif de celle-ci demeure incompréhensible. «De ce que j’ai appris, il ne s’agissait finalement pas d’une trahison de la part de Salif à l’encontre de son compatriote qu’il a contribué à faire venir au Gabon pour trouver du travail, mais plutôt d’un détestable mal entendu de la part de l’agresseur», rapporte un autre ouvrier, qui croit savoir que le présumé agresseur croyait que la présence des gendarmes à leur omicile était la conséquence d’une dénonciation et qu’elle visait son arrestation pour défaut de titre de séjour. Or, il ne s’agissait nullement d’une quelconque arrestation, mais d’une procédure initiée par la gendarmerie en vue de régler le différend qui opposait des communautés vivant dans le camp de Siat-Gabon. Dubitatifs, certains, dans le département de l’Okano, s’interrogent sur les véritables raisons de cette agression. Pour beaucoup, le présumé agresseur, au-delà du défaut de titre de séjour, avait plus de raison de craindre l’arrivée des gendarmes. «Il doit tremper dans des affaires louches et illégales pour avoir réagi avec autant de violence à l’encontre de celui qu’il accuse de l’avoir vendu», a lancé un riverain. Alors que l’enquête se poursuit, la victime a été évacuée à l’hôpital d’Oyem. Selon une infirmière de Siat Gabon à Mitzic, le pronostic vital est engagé.