Réunis au sein de la Coalition des centrales syndicales nationales de travailleurs, 17 syndicats ont menacé, le 9 mars à Libreville, de paralyser les activités professionnelles si le gouvernement ne fait pas machine arrière par rapport au projet d’ordonnance du 23 février.

Les représentants la coalition des centrales syndicales nationales de travailleurs, lors de la déclaration, le 9 mars 2018. © Gabonreview

 

Les réformes gouvernementales adoptées en Conseil des ministres le 23 février, sont loin de trouver l’assentiment de la Coalition des centrales syndicales nationales de travailleurs. La Coalition l’a d’ailleurs fait savoir à la faveur d’une sortie, le 9 mars à Libreville, au cours de laquelle elle a demandé au gouvernement de «suspendre l’ordonnance qui modifie le statut général de la fonction publique en faveur d’une négociation paritaire».

A l’issue du conseil des ministres du 23 février à Libreville, le gouvernement a approuvé le projet d’ordonnance portant modification, suppression et complétant certaines dispositions du statut général de la Fonction publique. Selon les syndicats, cette décision a des visées malsaines : soumettre l’argent public aux aléas de la nomination discriminatoire ; discriminer les agents qui ne sont pas en parfaite relation avec la hiérarchie ; créer une instabilité dans la fixation des éléments de base de la rémunération de l’agent public.

La Coalition syndicale est également d’avis que cette d’ordonnance discrimine les agents publics permanents à l’égard des contractuels de l’Etat qui perçoivent des indemnités de services rendus. Cette ordonnance vise à «privatiser la Fonction publique». Par ailleurs, la Coalition est convaincue que «ce n’est pas la masse des finances publiques». Mais plutôt : les recrutements politiques ; les loyers d’habitation et de service à montant exorbitants payés par l’Etat sur les propriétés qui étaient siennes ; le maintien des lourdes charges des institutions, etc.

Au-delà de la suspension de l’ordonnance, les travailleurs du secteur privé ont demandé le rétablissement de leur honneur, «à défaut de leur attribuer une allocation ou une indemnité de chômage». Tout comme ils ont demandé au gouvernement de «s’abstenir de toute réforme qui compromettrait la stabilité sociale de notre pays».

Au final, le Coalition a demandé à l’ensemble des travailleurs des secteurs public et privé d’être mobilisés pour la défense de leurs acquis. «Car si l’Etat ne veut pas s’occuper des travailleurs gabonais, les travailleurs vont s’occuper de l’Etat», a prévenu la Coalition.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga