Le remplacement de Jean Marie Ogandaga à la tête du ministère de la Fonction publique,  alors qu’il portait une réforme devant aboutir à un nouveau modèle de gestion de l’agent public, apparaît pour certains comme l’abandon du projet par le gouvernement.

Jean Marie Ogandaga, en mars 2018, à Libreville. © Gabonreview

 

Depuis le 4 mai dernier, après avoir occupé le poste plus de trois ans durant, Jean Marie Ogandaga n’est plus ministre de la Fonction publique, de la Modernisation du service public, chargé de la Réforme de l’Etat. Son limogeage laisse penser que le gouvernement n’entend plus mettre en place un nouveau modèle de gestion de l’agent public.

En février dernier, mû par une volonté de faire changer les choses, alors qu’il présentait lui-même l’administration publique gabonaise comme l’une des moins dynamiques au monde, le nouveau ministre de l’Economie, avait lancé une caravane de sensibilisation à l’adresse de ses collègues du gouvernement. S’il avait souhaité recueillir leur soutien, il n’a pas eu le temps de faire le tour de tous les ministres. Pis, sa dernière rencontre avec les députés, en avril, ne s’était pas bien déroulée.

Ayant porté à l’examen des élus le projet d’ordonnance portant modification du Statut général de la Fonction publique adopté en Conseil des ministres le 23 février 2018, Jean Marie Ogandaga avait été renvoyé à ses chères études. Estimant que la réforme portée par le ministre «engage la vie des Gabonais qui exercent dans l’administration publique», les députés lui avaient demandé de repasser avec un projet de texte de loi plutôt qu’un projet d’ordonnance. Ce qui leur aurait permis d’examiner point par point cette réforme visant à rendre l’administration publique gabonaise plus performante. Il n’a pas eu le temps de le faire. Du moins, Ali Bongo et Emmanuel Issoze Ngondet ne lui ont pas renouvelé leur confiance pour la conduite du projet, par ailleurs décrié par la confédération syndicale Dynamique unitaire qui demande son retrait pur et simple.

Ali Akbar Onanga Y’Obeghe semble, quant à lui, bénéficier de plus confiance de la part de l’Exécutif. Si le gouvernement n’a pas abandonné l’idée de réformer l’administration publique, c’est donc qu’il a confié la tâche à l’ex-secrétaire général du gouvernement. Juriste, il semble mieux outillé pour la conception et l’adoption par le Parlement du projet de loi portant modification du Statut général de la Fonction publique que les députés exigent. Il bénéficie donc d’un certain temps pour le préparer, d’autant que la composition de la nouvelle Assemblée nationale n’est pas pour bientôt.

Après avoir permis la mise en place du Nouveau système de rémunération des agents publics, en 2015, Jean Marie Ogandaga planchait, ces derniers mois, sur l’adoption de la Gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences (GPEEC). Le nouveau ministre de l’Economie le présentait comme une des solutions permettant de «sortir d’une administration purement sociale à une administration de développement».