L’Université Omar Bongo (UOB) abrite désormais la chaire-Unesco «Réseau Bantuphonie » créée avec le concours du Centre international des civilisations bantu (Ciciba).

L’entrée principale de l’Université Omar Bongo. © Gabonreview

 

La chaire-Unesco «Réseau Bantuphonie» : langues en danger, savoirs endogènes et biodiversité a récemment ouvert ses portes à l’Université Omar Bongo. Piloté par le Pr Patrick Mouguiama-Daouda, cette structure à vocation sous-régionale, affiliée aux universités partenaires (Brazzaville, Yaoundé, Lyon 2, etc.), est en même temps membre du programme Unitwin.

Le Ciciba, son partenaire institutionnel a contribué à sa création ainsi qu’à l’atelier méthodologique destiné à harmoniser ses grandes orientations épistémologiques. Selon les initiateurs du projet, le «réseau Bantuphonie» consacré aux langues bantu va contribuer au développement de l’univers Bantu en milieu universitaire.

«Ce réseau est un acte de fondation qui permet aux sciences humaines et sociales, dans la quête de l’identité bantu de construire une épistémologie originale et audacieuse sur un champ, la linguistique bantu, longtemps laissée en friche par des pratiques bien souvent nourries par des considérations exogènes. D’autres ont longtemps étudié pour nous, nos propres langues. D’autres ont édicté pour nous les règles d’une linguistique extravertie. D’autres ont indiqué aux Bantu leur propre manière d’articuler la recherche sur des classifications linguistiques parfois alambiquées, quand elles ne sont pas calquées sur des schémas d’emprunt», a affirmé le directeur général du Ciciba, le Pr Manda Tchebwa, sur la plateforme E-Muntu.

L’Université Omar Bongo inscrit ainsi sa marque dans l’histoire des peuples bantu en tant qu’instance académique. Elle est appelée à promouvoir le monde bantu par le biais d’une «science instruite à une linguistique innovante et conviviale capable de contribuer, au-delà des flux numériques contemporains, à la fondation de notre être-ensemble. Et de bien d’autres choses en lien avec les savoirs endogènes et le domaine de la biodiversité», estime le directeur général du Ciciba.