Membre de l’équipe de campagne de Jean Ping lors de la présidentielle d’août 2016, Privat Ngomo a récemment tenté de répondre à la préoccupation de ceux qui s’interrogent sur le plan B prévu par le candidat de l’opposition.

Privat Ngomo, en février 2016 à Libreville. © Gabonreview

 

Contrairement à ceux qui soutiennent que «les carottes sont cuites pour Jean Ping» et que ce dernier n’a plus d’autre alternative que d’accepter la main tendue d’Ali Bongo, dont il conteste la victoire au scrutin du 27 août 2016, Privat Ngomo assure que tout reste à jouer. Le jeune membre de l’équipe de campagne du candidat de l’opposition à la dernière présidentielle, dans un récent post sur sa page Facebook, a notamment affirmé que son «président élu» a bel et bien un plan B qui, a-t-il dit, n’a rien à avoir avec celui mis en branle par Alassane Ouattara, en Côte d’Ivoire, face à Laurent Gbagbo. Au Gabon, le contexte serait différent. Or, Jean Ping, ne disposant ni d’une armée de rebelles ni d’un parti politique implanté dans tout le pays et du soutien de la France, «a décidé d’user d’une stratégie “chinoise” inspirant [une] révolution gabonaise douce» et non-violente.

Aux détracteurs de l’ancien président de la commission de l’Union africaine qu’il nomme «stratèges pseudo-réalistes et pro-défaitistes», le président de la commission scrutin du candidat de l’opposition assure que ce plan B a déjà permis, il y a quelques mois, de «démasquer les profito-situationnistes et autres opportunistes». Selon Privat Ngomo, le plan B de Jean Ping devrait intervenir «avant les législatives de juillet 2017». Cette «révolution douce», a-t-il indiqué, procède «sans effusion de sang mais par strangulation». Une «strangulation» exogène et endogène qui devrait aboutir au départ d’Ali Bongo et à la reconnaissance de la supposée victoire de Jean Ping à la dernière présidentielle.

«La strangulation endogène, a expliqué Privat Ngomo, c’est elle qui abattra et portera le dernier coup fatal qui emportera le régime imposteur. Les grèves à répétition, l’enlisement de l’activité économique nationale, la raréfaction des finances publiques, l’impossibilité par l’Etat d’assumer ses devoirs régaliens (paiement de la dette intérieure ou de la masse salariale fonctionnaire, etc.) sont le terreau où se nourrira le ras-le-bol des Gabonais pacifiques qui n’accepteront pas qu’après la victoire volée, on leur vole en sus leur normale vie. Le temps et la patience sont à l’œuvre.»

Quant à la «strangulation exogène», Privat Ngomo a expliqué que celle-ci se base sur «le carnet d’adresses de Jean Ping» qui, selon lui, «est entrain de montrer toute son efficacité». Notamment avec la dernière résolution du Parlement européen sur la crise de l’Etat de droit au Gabon. A terme, espère-t-il, «cette strangulation exogène affaiblira à coup sûr la junte putschiste mais sans l’abattre néanmoins».