Rebaptisé «Livre Paris» depuis 2016, la Salon du livre de la capitale française en est à sa 37e édition. Pour la première fois depuis la création de cet évènement consacré aux livres, le Gabon y dispose d’un stand dédié. Plus de 155 millions de visiteurs de toutes nationalités y sont attendus du 16 au 19 mars. Une visibilité jamais espérée auparavant. Acteurs et contours.

Ouvrages d’auteurs Gabonais sur une table d’exposition au Livre Paris, le 14 mars 2018. © Gabonreview

 

Placée sous le signe de la convivialité, la 37e édition du Salon du livre de Paris, appelé «Livre Paris» depuis deux ans, a ouvert ses portes aux officiels ce 15 mars. Parmi les 1200 exposants et 3000 auteurs y ayant été enregistrés, on dénombre une dizaine d’acteurs gabonais du livre. Sous la houlette de Flavien Enongoué, ambassadeur, Haut Représentant de la République Gabonaise en France et Représentant permanent du Gabon auprès de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), le Gabon dispose de son propre stand, pour la première fois de l’histoire de cette manifestation culturelle internationale.

Instantanés de la présence gabonaise au Livre Paris, le 14 mars 2018. © Gabonreview

Invités donc par l’ambassade du Gabon en France, Albert et Honorine Ngou, Sylvie Ntsame, Eric Joël Békalé et le Pr Steve Robert Renombo Ogoula notamment ont été les principaux animateurs du stand Gabon durant la première journée.

Présence gabonaise

Enseignante de littérature française à la faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université Omar Bongo à Libreville, Honorine Ngou est l’auteure d’un essai titré «Quatorze clés pour réussir son couple», d’un manuel («Pratique du français : pièges et difficultés»), d’un recueil de témoignages («Mariage et violence dans la société traditionnelle Fang au Gabon») et de bien d’autres ouvrages, notamment «Féminin interdit» et «Afép, l’étrangleur-séducteur».

Fonctionnaire de l’administration publique gabonaise, longtemps en poste auprès du Premier ministre, Sylvie Ntsame est présidente de l’association Sourire à l’enfance démunie. Après avoir dirigé l’Union des écrivains du Gabon (Udeg), créé une maison d’édition (Les Éditions Ntsame), elle oeuvre à la promotion du livre, à travers le Salon international du livre et des arts de Libreville (Silal), et elle compte plusieurs ouvrages de sa plume : «La fille du komo», «Malédiction», «Mon amante, la femme de mon père», «Femme libérée battue», «Le soir autour du feu».

Époux d’Honorine Ngou, ci-dessus listée, Albert Ngou Ovono a été administrateur scolaire et universitaire et fonctionnaire au ministère de l’Enseignement supérieur. Il est l’auteur de nombreux recueils de poèmes et sagesse en prose dont «Vague-à-l’âme I» et «Vague-à-l’âme II». Les deux ouvrages ont été produits par la maison d’édition l’Harmattan. L’homme gère, avec son épouse, la «Librairie du savoir» et a organisé avec elle les «Journées culturelles et du savoir».

Auteur de «50 Figures de la littérature Gabonaise de 1960 à 2010», «Le Cheminement de Ngniamoto», «Le chant de ma mère», «Le voleur de rêves»,  Eric Joël Békalé est un écrivain prolixe qui compte une dizaine d’œuvres (poésie, roman, conte, etc.). Il est le président actuel de l’Udeg, tout en étant un haut fonctionnaire du ministère gabonais des Affaires étrangères.

Steve Robert Renombo Ogoula est le secrétaire perpétuel de la Fondation Raponda-Walker à laquelle sont adossées les Éditions Raponda-Walker, la toute première maison du genre au Gabon. Le catalogue de cet éditeur est riche de 80 ouvrages environ et d’une revue, «Palabres Actuelles». Steve Renombo a codirigé l’édition de nombreux ouvrages de ce catalogue. Acteur remarquable du département de Lettres modernes de l’Université Omar Bongo où il est maître de conférences, il a écrit de nombreux articles aux niveaux national et international.

La présence gabonaise à l’édition 2018 du Salon du livre de Paris devrait incessamment s’élargir,  d’autres hommes et femmes de lettres y étant annoncés à l’instar de Chantal Magalie Mbazoo-Kassa, auteur entre autres de «L’amorce», «Fam» et «La femme et ses images dans le roman gabonais» ou encore de Corinne Sipamio Berre, directrice de la maison d’édition DSP Pro et de Charline Effah, auteure de «La danse de Pilar» et de «N’être».

Des livres comme les hirondelles

Un bon nombre d’ouvrages de ces auteurs et de bien autres écrivains gabonais n’ayant pu effectuer le voyage de Paris constituent la palette de livres présentés au public au pavillon des lettres d’Afrique, Caraïbes et Pacifique du Paris Livre. Certes étriqué, l’espace gabonais est néanmoins plus grand que ceux de bien d’autres pays. Les visiteurs de nationalités et de continents divers y défilent, discutent avec les auteurs présents, découvrent une littérature en mal d’exposition ou de promotion, achètent certains ouvrages en se les faisant parfois dédicacer. La ruée des ressortissants gabonais de la métropole française, qui compte pourtant de nombreux étudiants et universitaires, n’était pas au rendez-vous de la première journée. Si la présence de l’ambassadeur, Haut Représentant de la du Gabon en France et à l’OIF a été fort remarquée, on ne manquera pas de signaler celle de nombreux fonctionnaires gabonais affectés à l’ambassade et auprès d’institutions internationales basées à Paris. Le pavillon africain est en tout cas très animé, le stand du Gabon avec.

Au «Livre Paris», les hirondelles n’annoncent absolument pas le printemps, les livres s’en chargent. Comme ces oiseaux migrateurs, partant de l’Afrique, qui reviennent en Europe en mars-avril, les littérateurs africains annoncent une sorte de printemps, saison perçue comme un signe de renaissance, d’éclosion, de libertés retrouvées. La littérature gabonaise est du voyage pour la première fois… officiellement.