Coordonnatrice résident du système des Nations Unies et Représentant résident du PNUD au Gabon depuis 2013, Marie-Evelyne Petrus-Barry est arrivée au terme de sa mission dans le pays. L’occasion pour un bilan sommaire, bien noté à l’unanimité, et pour annoncer de beaux projets transcontinentaux.

Marie-Evelyne Petrus-Barry (à gauche) recevant le cadeau d’aurevoir de ses collaborateurs du système des Nations Unies au Gabon, le 25 août 2017, à Libreville. © D.R.

 

Au terme d’une mission de quatre ans et demi dans le pays, Marie-Evelyne Petrus-Barry, Coordonnateur résident du système des Nations Unies et Représentant résident du PNUD au Gabon, a fait ses adieux à Libreville le vendredi 25 août 2017. Une cérémonie a été organisée à cet effet dans les locaux du Bureau régional des Nations-Unies pour l’Afrique centrale (Unoca), à laquelle ont pris part ses collègues, agents et cadres du système des Nations-Unies au Gabon.

Scènes de la cérémonie d’aurevoir, le 25 août 2017, au siège de l’Unoca à Libreville. © D.R.

L’occasion pour elle d’énumérer quelques souvenirs. «J’ai beaucoup voyagé à l’intérieur du Gabon et je pense qu’il y a d’énormes potentialités à exploiter dans le pays et pour longtemps et je pense que la diversification de l’économie du pays, va permettre vraiment de parvenir à une prospérité partagée pour les hommes, les femmes et les jeunes si tout le monde s’engage dans un travail acharné et ardu pour y arriver», a-t-elle laissé entendre dans un film documentaire d’une vingtaine de minutes réalisé et projeté pour la circonstance.

Bilan sommaire

Durant sa mission au Gabon, Mme Petrus-Barry aura eu la lourde charge de superviser la planification, l’exécution et l’évaluation du travail des différentes agences des Nations Unies dans le pays. Les témoignages publiés dans le documentaire susmentionné laissent comprendre qu’elle a fait preuve d’un engagement louable dans le cadre du repositionnement du système des Nations Unies au Gabon : le pays étant classé dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire de tranche supérieure, l’assistance de l’ONU n’était donc pas du même niveau que pour les pays à bas revenu ou situation d’urgence. Marie-Evelyne Petrus-Barry a mené à cet effet un plaidoyer en vue du repositionnement du système des Nations Unies au Gabon. Elle aura également travaillé à l’appui du PNUD dans la mise en œuvre de différents programmes de développement, à l’instar du programme d’Appui aux réseaux territoriaux pour la gouvernance locale et le développement (Art-Gold). En 2014, par exemple, ce programme avait obtenu 289 millions de francs destinés aux collectivités locales du Woleu-Ntem, de l’Ogooué-Maritime, de l’Estuaire et du Moyen-Ogooué pour le développement de 14 projets dans l’hydraulique rurale, la santé, l’éducation, les activités génératrices de revenus.

Si elle a également travaillé avec la société civile locale sur divers projets, on retiendra surtout sa forte implication dans la co-organisation, par le PNUD, de la semaine de la décennie internationale des personnes d’ascendance africaine (2015-2024), à Libreville, du 17 au 19 mai dernier. L’évènement répondait aux recommandations de l’ONU, poussant les Etats membres à prendre des mesures concrètes et pratiques, au moyen de l’adoption et de l’application effective de cadres juridiques, de politiques et de programmes nationaux et internationaux pour lutter contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance des personnes d’ascendance africaine.

Afro-descendance et avenir transcontinental

Avant son arrivée au Gabon, Mme Petrus-Barry a occupé les fonctions de Représentante régionale du département de l’information publique des Nations Unies en Afrique subsaharienne, Représentante régionale du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme en Afrique centrale, par ailleurs, Chef du plaidoyer et de la communication pour le développement pour la mission de l’ONU en Haïti.

Si elle va enfin jouir de son droit à la retraite à partir du 31 août courant, son légendaire dynamisme ne saurait l’amener à devenir une pantouflarde. Originaire de la Guadeloupe, donc Afro-descendante elle-même, la dame à la main de fer dans un gant de velours a des projets dans ce sens qui vont continuer de l’occuper. Notamment la création, dès le 1er octobre prochain, de la “Fondation des Droits des personnes d’ascendance africaine“. Cette structure aura pour objectifs de travailler au dialogue entre l’Afrique et ses diasporas, de  travailler sur la question de la décennie des personnes d’ascendance africaine, de développer des cliniques juridiques là où l’organisation sera installée, pour gérer les questions de reprofilage racial, «parce que les personnes d’ascendance africaine sont plus discriminées que tous les autres, partout où elles vivent», a expliqué sa promotrice. Au final, cette fondation vise l’obtention, avant la fin de la décennie, d’une résolution de l’Union africaine déclarant la traite négrière, l’esclavage et toute forme de travail forcé comme un crime contre l’humanité au niveau de l’Afrique, et permettant aux Afro-descendants d’obtenir s’ils le désirent la nationalité des pays de leur choix. La fondation projetée va également travailler avec l’ONU à une Déclaration sur les personnes d’ascendance africaine pour l’obtention d’une résolution, également avant la fin de la décennie. Comme quoi, par Marie-Evelyne Petrus-Barry, pétillante aussi bien d’énergie que d’idées, ne prend nullement sa retraite.