Virus des plus mortels pour l’homme, le T-lymphotrope humain de type 1 (HTLV-1) a été découvert et isolé en 1980 peu de temps avant le VIH. Il est présent partout dans le monde, avec des zones fortement endémiques, à l’instar du sud du Gabon.

Le T-lymphotrope humain de type 1 (HTLV-1) est un des virus les plus mortels pour l’homme. © Newsweek

 

Le sud du Gabon, comme certaines régions du Japon, de la Caraïbe, du Brésil, du Pérou, de la Colombie ou de la Guyane française, figure parmi les principales zones d’endémie du virus HTLV-1, infectant près de 10 millions de personnes dans le monde, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé.

Le Dr Robert Gallo, co-fondateur et directeur de l’Institut de virologie humaine à l’Université du Maryland School of Medicine, dont le laboratoire a été le premier à détecter HTLV-1 en 1979 et à publier la découverte en 1980, indique que personne dans le monde, à sa connaissance, n’a fait quoi que ce soit pour essayer de traiter cette maladie auparavant. «Il y a peu ou presque pas de travaux en matière de vaccin, en dehors de certaines recherches japonaises», a-t-il indiqué à CNN.com avant d’ajouter : «La prévention par le vaccin est donc largement ouverte à la recherche».

Selon un rapport du Directeur du Laboratoire de Rétrovirologie ORSTOM de Montpellier, le Dr E. Delaporte, paru en octobre 1995, «l’Afrique est considérée comme le plus grand réservoir d’HTLV-I (…) L’apparition de techniques sérologiques plus spécifiques et la réalisation d’études utilisant la «polymerase chain reaction» (PCR) ont permis de préciser la cartographie de ce virus en Afrique. L’Afrique centrale est la région d’Afrique la plus touchée avec des taux de près de 10% dans la population générale du Gabon et du Zaïre.» Le chercheur précise que l’affection survient souvent chez des personnes de plus de 50 ans, mais les «moyens diagnostiques insuffisants font que cette pathologie est probablement sous-estimée comme cela a été démontré au Gabon».

La recherche scientifique indique que le HTLV-1 est un virus ancien dont l’ADN peut être trouvé dans les momies des Andes âgées de 1 500 ans. Comme beaucoup de virus, le T-lymphotrope humain de type 1 se transmet au cours des rapports sexuels, des transfusions sanguines et via l’allaitement maternel. Lorsque le patient est infecté, il risque de développer une forme mortelle de leucémie. L’infection provoque, par ailleurs, une inflammation de la moelle épinière qui conduit à une paralysie. Il peut aussi engendrer une maladie pulmonaire très virulente connue sous le nom de bronchectasie et d’autres maladies inflammatoires. Que sait et que fait le ministère de la Santé à ce sujet ? Quelle recherches sont effectuées au Cirmf sur ce virus ? Sans doute attend-on une épidémie pour laquelle l’aide internationale sera naturellement quémandée.