D’après les ONG Global Footprint Network et WWF, durant les cinq prochains mois, l’humanité vivra «à crédit». Elle aurait consommé l’ensemble des ressources que la planète peut renouveler en une année.

L’humanité vit «à crédit» depuis le 2 août 2017. © AFP

 

Est-ce l’heure de la fin ? La planète terre va-t-elle s’arrêter de tourner d’ici à décembre prochain ? Doit-on faire nos dernières prières ? La réponse à ces différentes questions est certainement «non». Pourtant, des risques existent. Dans un communiqué commun, le Fonds mondial pour la nature (WWF, en anglais) et le Global Footprint Network ont récemment annoncé l’entrée dans l’«Earth overshoot day» (le «Jour du dépassement mondial», en français). Celui-ci, qui ne cesse «inexorablement d’avancer» ces dernières années, serait en vigueur depuis le 2 août, alors qu’il était intervenu le 3 août l’année précédente. En 1997, c’est en fin septembre que le «Jour du dépassement mondial» était intervenu.

Mais qu’est-ce donc le «Jour du dépassement mondial» ? Réponse : c’est le jour où l’humanité fait le constat de ce qu’elle a consommé l’ensemble des ressources que la planète peut renouveler en une année. «Cela signifie qu’en sept mois, nous aurons émis plus de carbone que ce que les océans et les forêts ne pouvaient absorber en un an, nous aurons pêché plus de poissons, coupé plus d’arbres, et fait plus de récoltes que ce que la Terre aurait pu produire sur cette même période», précise le WWF.

En effet, «pour subvenir à nos besoins, nous (nécessitons) aujourd’hui l’équivalent de 1,7 planète». Or, la surconsommation des ressources naturelles depuis janvier 2017 a épuisé le «stock» disponible. «Le coût de cette surconsommation est déjà visible : pénuries en eau, désertification, érosion des sols, chute de la productivité agricole et des stocks de poissons, déforestation, disparition des espèces», énumère le WWF et Global Footprint Network.

Depuis plus de 24 heures, l’humanité vit donc «à crédit». Seulement, «vivre à crédit ne peut être que provisoire parce que la nature n’est pas un gisement dans lequel nous pouvons puiser indéfiniment», préviennent les deux organisations, inquiètes de ce que les habitudes écologiques aient encore du mal à être adoptées par des millions de terriens à travers le monde.

«Si la transition écologique repose sur les pays et leurs gouvernements, ce sont aussi aux entreprises, aux collectivités, aux citoyens de privilégier des modes de production et de consommation écologiques», indiquent les ONG.

C’est depuis 1986 que le Global Footprint Network calcule l’«Earth overshoot day».