Le vice-président de Médecins sans Frontières a animé, jeudi 5 avril, une conférence au cours de laquelle il a fait la promotion de la philanthropie, qu’il estime encore mal connue au Gabon car peu ou pas documentée.

Francis Charhon, pendant sa conférence, le 5 avril 2018 à Libreville. © Gabonreview

 

Quel rôle joue la philanthropie dans nos sociétés contemporaines ? C’est à cette question que Francis Charhon a tenté de répondre, jeudi 5 avril, à la faveur d’une conférence organisée par l’association des anciens élèves de Science-Po (France) à l’Institut français du Gabon (IFG) à Libreville. Agé de 71 ans, dont 40 passés au sein de diverses organisations françaises et internationales, le vice-président de la Fondation Médecins sans Frontière ne voit dans la philanthropie que des bienfaits. Il a d’ailleurs consacré à l’amour du genre humain un dernier ouvrage intitulé «Vive la philanthropie !» (Ed. Cherche Midi, septembre 2016).

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Au cours de sa conférence à laquelle ont assisté quelques dizaines d’invités et des curieux parmi lesquels le ministre d’Etat Paul Biyoghe Mba, l’ambassadeur de France au Gabon et le représentant de Sylvia Bongo Ondimba, l’intervenant n’a pas manqué de rappeler que «s’engager dans la philanthropie, c’est avant tout une histoire de cœur». Pour Francis Charhon, s’il est souvent inspiré par des raisons personnelles, «l’acte du philanthrope n’est pas forcément financier, ce n’est pas non plus un acte de pitié». Le conférencier a également tenu à préciser qu’être philanthrope ne nécessite pas forcément d’être riche, bien que la plupart, dont les actions sont les plus médiatisées aujourd’hui, bénéficient d’une certaine puissance financière, à l’instar de la Fondation Bill & Belinda Gates.

S’il a reconnu quelques actions de philanthropes en Afrique, dont des rares noms apparaissent parmi les 5200 fondations existant dans le monde, Francis Charhon a incité les populations africaines et gabonaises en particulier à s’investir davantage. Pour lui, cela passe également par un accompagnement des autorités locales. Il s’agit, a-t-il précisé, d’«une flexibilité» dans la législation, y compris en matière d’allègements fiscaux.

«En Asie, la philanthropie est très active, alors qu’en Afrique, on sait qu’elle évolue mais on n’a pas un panorama de ce qu’elle peut faire et être. Au Gabon, on sait par contre que de nombreuses actions sont menées, par exemple par la Fondation Sylvia Bongo Ondimba, mais il existe, là aussi, peu de documents sur Internet. Il n’y a pas assez de chiffres», a regretté le conférencier. Toutefois, a-t-il déclaré, «après 40 années d’activité, je reste optimiste».

Les échanges avec les participants ont porté, entre autres, sur le rôle de l’Etat, la formation des bénévoles gabonais, la gestion de l’argent confié aux organisations par certains donateurs.