Après avoir finalisé l’accord sur la reprise des actifs de Maurel & Prom, valorisés à 201,2 millions d’euros et représentant 24,53 % de son capital, la société indonésienne Pertamina s’est vite défaite des services du fondateur du pétrolier français, Jean-François Hénin.

L’ancien PCA de Maurel & Prom, Jean-François Hénin. © Challenges.fr

 

Ayant réussi à obtenir en avril dernier le quitus de la présidence du Gabon pour la prise de contrôle de l’ensemble des actions de Pacifico dans la junior française Maurel et Prom, la société indonésienne Pertamina a décidé de rompre les derniers liens entre le pétrolier français et celui qui fut son gérant et P-DG pendant 17 ans, le français Jean-François Hénin.

Or, lors des négociations préliminaires engagées au début de l’année dernière, Pertamina avait en effet proposé à Hénin, qui assurait jusqu’ici la relation avec les autorités gabonaises, en s’appuyant notamment sur la consultante Anna Rocha, de conserver un bureau et un titre chez Maurel & Prom après le rachat, notamment pour assurer la continuité du lien avec le Gabon.

Mais contre toute attente, la société indonésienne a finalement mis fin au contrat de conseil qui liait Pacifico, la société personnelle de Jean-François Hénin et Maurel & Prom, qui coûtait chaque année 100 000 euros au groupe. «Hénin a été remplacé le 10 avril à la présidence du conseil d’administration de Maurel & Prom par l’indonésien Aussie B. Gautama, ancien responsable du développement de l’OML 130 de Total au Nigeria», a indiqué Africa Energy Intelligence.

S’agissant des prétentions haussières des taxes «sur les plus-values» et «droits de mutation», que tentait d’obtenir le directeur de cabinet du président la République, Martin Boguikouma, celles-ci n’auraient fait l’objet d’aucune annonce aux actionnaires du groupe, soulignent les informations relayées par Africa Energy. Le paiement de ces deux impôts se définit ainsi : une taxe sur les «plus-values», équivalente selon le Code des impôts gabonais à 35% de la valeur des actifs cédés, auxquels sont soustraits les coûts de développement non-récupérés. Dans le cas de Maurel & Prom, cette taxe serait de 60 millions dollars. A celle-ci s’ajoute un autre, dit des «droits de mutation», correspondant à 3% de la valeur des actifs gabonais de la junior française.