Un des animateurs de la 4e édition des Sambas professionnels dont il est le parrain, Pape Diouf, ancien président de l’Olympique de Marseille livre, dans cet entretien accordé à Gabonreview le 6 juillet, ses impressions sur l’évènement tout en invitant les jeunes à croire en leurs rêves.

Pape Diouf. © D.R.

 

Gabonreview: Votre passé du président d’un grand club français permet un excellent « ajustement culturel » pour la jeunesse africaine. Selon vous comment doit-elle faire pour s’affirmer sur le continent et dans le monde?

Pape Diouf: Je leur dirais d’emblée d’y aller de leur persévérance. Dans la vie à défaut de savoir ce qu’on veut, il faut savoir ce qu’on ne veut pas, c’est important. Quand on sait ce qu’on ne veut pas, on peut avancer. Après, tout est une question de persévérance et de choix. Une idée elle est bonne ou elle n’est pas bonne. Quand elle n’est pas bonne, il ne faut pas persister, il faut l’abandonner. Et quand elle paraît bonne, il faut savoir aller jusqu’au bout, le plus loin possible en dépit des difficultés. Après c’est difficile d’avoir un conseil général à donner, parce que je crois que la vie est une affaire de circonstances heureuse ou malheureuses. Il y a aussi beaucoup de chance dans la vie. Vous savez, moi je suis connu parce que j’ai eu sur moi les projecteurs braqués sur moi. Quand on est président de l’Olympique de Marseille, forcement on est très connu. Je connais des africains en Europe dans les domaines de l’enseignement, la recherche, la communication qui sont extrêmement doués et brillants dont on ne parle pas, parce que justement ils sont dans activités moins médiatisés.

Mais j’ai du respect pour ces gens. Je sais que les qualités peuvent être cachées elles peuvent être aussi sous la lumière. Mais ce qu’il y a d’essentiel chez chacun, c’est surtout la volonté d’aller de l’avant. Quand on a envie d’aller de l’avant ou quand on a envie de faire quelque chose, on peut y arriver en dépit des difficultés.

Pourquoi avez-vous accepté les Sambas professionnels qui sont considérés comme un évènement d’envergure nationale ?

Vous-même vous avez dit que c’est un événement, donc j’ai été attiré par cet évènement comme les mouches sont attirées par la lumière. Pour être un peu plus sérieux, cela fait 4 ans que je participe à cet événement. Je ne connaissais pas du tout Josiane Matene, la promotrice des Sambas professionnels. Je connaissais une journaliste gabonaise qui travaillait en France, Joëlle qui m’avait approché et m’avait parlé un peu de cette aventure que certains jeunes gabonais souhaitaient entreprendre.

C’est une bonne amie à moi et qui est parvenue, je crois à être persuasive et à me convaincre que je puisse y participer et donner un petit coup de main à l’événement. J’ai accepté, sans beaucoup de conviction. Je suis venu quand même et puis j’ai vu effectivement que ceux qui avaient initié cet évènement y mettaient leur cœur et que cette manifestation pouvait être le lieu de rencontres d’échanges et de discussions. Et puis, je dirai que c’est un événement qui était beaucoup plus destiné aux plus jeunes. Pourquoi ne pas accepter d’y participer. Quand la nature vous donne un peu, il faut essayer en retour d’en donner. Voilà ce qui fait que depuis 4 ans, je sois venu de manière désintéressée apporter ma quote-part, dans ce rendez-vous du donner et de recevoir.

Ces sessions de Sambas professionnels sont-elles suffisantes pour forger des destins?

La seule chose que je peux vous dire c’est que si je suis venu quatre ans de suite, j’ai beaucoup de choses à faire. Donc je prends forcement du temps dans mon temps pour venir ici. Si cela me paraissait être une chose superflue, si cela me paraissait être une affaire qui n’en valait pas la peine, je ne pense pas que j’aurai fait autant de kilomètres pour venir ici sans être payé, pour votre petite information. Généralement quand je fais des conférences, je suis payé mais là je ne le suis pas, donc je suis venu de manière désintéressée avec la certitude que certaines choses biens sont faites ici, et qu’il fallait encourager ces choses. Et qu’il serait dommage de ne pas se mettre en situation d’aider cette belle initiative à croitre, pour le bénéfice des jeunes. Voilà pourquoi j’ai voulu pendant 4 ans être présent. J’ai même cette année, refusé d’aller à Ouagadougou où j’étais invité dans une manifestation, il y a une quinzaine de jours parce que j’ai estimé que c’était beaucoup plus compliqué pour moi d’aller là-bas et après revenir ici. J’ai fait le choix de venir ici voilà.

Quelle aide, en termes d’accompagnement, les participants peuvent attendre de vous après la formation?

Dire aujourd’hui que je peux faire quelque chose pour eux, ce serai aller vite en besogne. Déjà il faut savoir que pour aller aussi bien dans le milieu du football professionnel ou dans n’importe quel milieu, il faut être majeur ou avoir un tuteur en France. C’est le premier point.

Le deuxième point est que pour aider un garçon ou une fille, il faut soi-même les connaître. Connaître leurs qualités, en répondre et pouvoir les recommander, sinon on ne peut pas. Vous dire que demain je peux amener un garçon en France, ce serait être très léger dans mes propos. Je n’ai pas envie d’être léger. Maintenant, s’il y a un qui est très doué et très fort et je le vois et si quelqu’un m’en parle, peut-être on peut réfléchir sur la meilleure manière à faire pour lui donner sa chance, ça oui.

Le fait d’être venu ici voir ces jeunes, fait en sorte qu’ils aient peut être un relai supplémentaire. Je ne dis pas la solution mais un relai supplémentaire, quelqu’un qui peut toujours leur donner des idées supplémentaires et échanger avec eux.

Propos recueillis par Jean-Thimothé Kanganga