Le Porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Billie-By-Nze s’est prononcé, le 3 mars, sur l’«Opération Mamba» engagée pour traquer les présumés détourneurs des deniers publics. Il s’agit d’une opération de justice dont le «le but n’est pas de remplir les prisons», a-t-il soutenu.

Le ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Billie-By-Nze, le 3 mars 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Comme on pouvait s’y attendre, la dernière actualité de l’Opération Mamba, lancée par l’Etat pour traquer les personnalités supposées avoir commis des détournements des deniers publics, a été commentée par le Porte-parole du gouvernement. En réfutant, dans le cadre de sa conférence de presse hebdomadaire, l’idée d’une opération à caractère «politico-politicienne», le ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, a expliqué que les politiques publiques visant à assainir la gestion des deniers publics, à assainir la gouvernance des entités, aujourd’hui, amènent le gouvernement à faire en sorte que les uns et les autres répondent de leurs actes devant la justice.

Alain-Claude Billie-By-Nze explique, dans ce sens, que «l’Opération Mamba est une opération de justice qui vise à faire en sorte que ceux qui sont en charge de la gestion des affaires publiques, puissent rendre compte de leur gestion lorsqu’il se trouverait que des questions se poseraient sur celle-ci». «Le but n’est pas de remplir les prisons», a-t-il déclaré. Il est question, selon lui, de faire en sorte que l’argent public soit mieux géré, que celui mis à disposition pour construire une école, participe effectivement à la construction de cette école. S’il y a des détournements, il est naturel que les uns et les autres répondent de leurs actes.

Naturellement, a précisé le porte-parole du gouvernement, «s’il y a des possibilités de remboursement, notre option serait qu’il y a des remboursements». «Le but n’est pas de remplir des prisons», a-t-il encore martelé. Le ministre de la Communication a annoncé, et ce, à la suite du procureur de la République de Libreville, Steeve Ndong Essame Ndong, que nombre de compatriotes ont déjà été entendus dans le cadre de nombreuses affaires. D’autres ont été placés sous mandat de dépôt par la justice. Il a néanmoins précisé que «jusqu’à ce que des condamnations définitives soient prononcées», l’Etat considère, parce que c’est cela la loi, ces compatriotes comme présumés innocents.

Comme le procureur de la République de Libreville, il a confirmé le lancement des mandats d’arrêt internationaux contre Alfred Mabicka Mouyama, Yves de Saint Fidèle Mapakou, Franck Ping et Hervé Ndong Nguema.

Alfred Mabicka Mouyama est poursuivi pour des faits de détournement présumé de fonds publics, dans le cadre du dossier de la Poste SA. Yves de Saint fidèle Mapakou pour de multiples cas d’escroquerie dans le cadre de l’Affaire dite BR Sarl. Franck Ping est poursuivi pour des faits présumés de corruption active dans de nombreux dossiers dont celui de Sino Hydro. «Un dossier de rétro-commissions dont nous demandons si elles n’ont pas servi à financer la campagne de Monsieur Jean Ping», a lancé Billie –By-Nzé.

Quant à Hervé Ndong, il est poursuivi pour des faits présumés d’agressions sexuelles, de proxénétisme, de viol sur mineur et de détournement.