Elaborée pour mesurer l’impact économique et social du groupe Olam depuis la réorientation stratégique opérée au Gabon en 2010, une étude y relative a été présentée le 29 mai à Libreville.

Mays Mouissi (à gauche) et Marc Ona Essangui (Secrétaire exécutif de Brainforest),
pendant la présentation de l’étude, le 29 mai 2018 à Libreville. © Gabonreview

 

Réalisée par le cabinet Mays Mouissi Consulting, l’étude d’«Impacts des activités du Groupe Olam sur l’économie de la République gabonaise entre 2010-2017» a été présentée le 29 mai à Libreville. Forte d’une centaine de pages, l’étude évalue les impacts socio-économiques du groupe Olam au Gabon sur la période 2010-2017, à travers les différents projets qu’il conduit dans le pays. «L’étude est segmentée en deux parties axées sur les impacts économiques de l’activité du groupe Olam Gabon d’une part et sur les impacts sociaux d’autre part», a déclaré Mays Mouissi.

Selon l’analyste économique, la première partie évalue plus précisément l’impact du groupe Olam sur certains aspects économiques et financiers comme la création de la richesse, l’investissement, les finances publiques, les exportations et plus largement la balance commerciale. Ici, il ressort de manière global qu’Olam a eu un impact structurant dans les secteurs d’activité où il intervient directement ou indirectement. «Entre 2010 et 2016, la contribution en valeur du secteur agricole dans la formation du PIB s’est accrue de 30%, celle de l’industrie du bois s’est accrue de 193%, celle de l’agro-industrie de 40% et celle des transports de 34%», a affirmé Mays Mouissi pendant la présentation de l’étude.

Ce qui se traduit notamment par des résultats macroéconomiques encourageants. En effet, le Produit intérieur brut (PIB) agricole est passé de 3,6% à 5% entre 2010 et 2017, tandis que celui de la filière bois a fait un bon de de 2,8% à 3,7% sur la même période. Le PIB du secteur minier, pour sa part, s’est établi à 6% en 2017 contre 3,7% en 2010. La seconde partie de l’étude analyse les impacts sociaux du groupe au regard des indicateurs tels que l’emploi, le coût de la vie et l’engagement social et responsable d’Olam au Gabon.

Ici, l’on note par exemple que sur le septennat concerné par l’étude, le taux de chômage au Gabon a reculé de 1,9% selon l’Organisation internationale du travail. «24,21% de cette baisse est directement imputable aux recrutements effectués par Olam et ses filiales, soit un impact à la baisse sur le taux de chômage de 0,46%», a affirmé Mays Mouissi lors de sa présentation. Dans le même régistre, l’on peut évoquer qu’à la fin 2017, Olam et ses filiales comptaient en leur sein 8,7% des salariés formels du Gabon et 18,6% des salariés du secteur privé formel.

Le Premier ministre et les officiels pendant la présentation de l’étude. © Gabonreview

S’agissant de l’engagement social d’Olam, l’enquête de terrain réalisée dans 14 villages, dans le cadre de l’étude, relève que près de 80% des engagements contenus dans les contrats sociaux signés entre Olam et les populations ont été réalisés. Aussi, «l’activité d’Olam à l’intérieur du pays a favorisé l’exode urbain de personnes en recherche d’emploi et la sédentarisation des populations autour de Mouila et de Bitam», précise l’étude.

Si l’étude souligne globalement que «la diversification des activités du groupe Olam a eu un impact positif sur des indicateurs économiques et sociaux structurants», le document a tout de même noté un certain nombre de limites. A cet effet, certaines recommandations ont été formulées en matière d’«activité économique» et de «conditions sociales et Responsabilité sociale de l’entreprise». Sur le premier plan, l’étude recommande notamment une «plus grande prudence dans les choix d’investissement et une plus grande maitrise des risques», le poids d’Olam dans l’économie nationale étant très prépondérant.

Lors de la présentation de ce rapport, le chef du gouvernement s’est satisfait de l’initiative d’Olam. «Nous avons là, à travers cet exercice, la démonstration que le Gabon n’est pas sous le diktat d’une pensée unique. Soumettre cet exercice à un économiste et un environnementaliste très critiques de l’action du gouvernement, est la preuve que nous n’avons rien à cacher», a affirmé Emmanuel Issoze Ngondet. Le Premier ministre a promis s’atteler à la matérialisation de certaines recommandations. A l’instar de l’aménagement durable de la route nationale 1, principal canal par lequel transite la production d’Olam Palm.