Annoncée peu après l’arrivée d’Ali Bongo au pouvoir, la construction de ce barrage hydroélectrique devant approvisionner en énergie la province du Woleu-Ntem et des localités du Moyen-Ogooué et de l’Estuaire semble avoir été abandonnée.

Le projet FE 2, à l’arrêt depuis des mois, n’est plus parmi les priorités d’Ali Bongo. © D.R.

 

On l’attendait pour le premier mandat d’Ali Bongo. Avec la crise économique actuelle, due à la crise de l’industrie pétrolière mondiale, il est peu probable que ce projet se matérialise durant son second mandat. La construction du barrage hydroélectrique FE 2 semble avoir été renvoyée aux calendes grecques. Pourtant, certains tentent encore de se convaincre que ce barrage verra bel et bien le jour sous la magistrature du président de la République en place. C’est notamment le cas des membres du gouvernement originaires de la province du Woleu-Ntem, à l’instar de Jonathan Ndoutoume Ngome. Ce natif du département de l’Okano célèbre depuis le week-end écoulé sur les réseaux sociaux le rétablissant de l’éclairage public à Mitzic. Comme pris par l’euphorie de ce retour presqu’inespéré du «jus» dans les lampadaires de sa ville, le ministre délégué à la Famille, à la Protection sociale et à la Solidarité nationale a écrit sur sa page Facebook : «Fé2 se fera et une ligne d’électricité alimentera le tronçon Mitzic-Sam». On ne demande qu’à voir.

Ali Bongo, posant la première du chantier. © DCP-Gabon

La construction d’une centrale au niveau des Chutes de FE 2, sur la rivière Okano, avait suscité beaucoup d’espoir dès l’annonce du projet. Ce d’autant que celle-ci devait permettre d’approvisionner en énergie la province de Woleu-Ntem, les villes de Ndjolé et Libreville. L’on évoquait d’ailleurs une puissance totale de 42 MW pour cette centrale hydroélectrique dont la construction avait initialement été confiée à la Compagnie de développement des énergies renouvelables (Coder) en 2010. Seulement, rien ne s’est vraiment passé comme prévu entre le gouvernement gabonais et son partenaire que l’on a accusé de ne pas avoir tenu ses engagements dans le cadre de la réalisation du projet. Le chantier lui avait été retiré en 2013.

Trois ans après, le projet FE 2, resté en sommeil, avait officiellement refait surface, en mars 2016, avec l’apparition d’«un partenaire idéal», le Groupe China Gezhouba Group Company Limited (Groupe CGGC). En réalité, l’affaire avait été conclue en juin 2015 avec l’ancien ministre de l’Eau et de l’Energie Désiré Guedon. Mais quelques mois après le lancement des travaux, le projet a marqué un nouvel arrêt. Cette fois, la question de l’argent se posait. Le Gabon qui s’était engagé à le financer à hauteur de 15% n’a pas honoré ses engagements. La faute était-elle due à Eximbank vers laquelle l’Etat gabonais s’était tourné en vue du financement de sa part ? Les responsabilités restent à établir. En attendant, depuis des mois, ce projet inscrit parmi les priorités du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) est en arrêt. En août dernier, à l’occasion d’une séance de travail avec l’actuel ministre de l’Eau et de l’Energie, Patrick Eyogo Edzang, le Groupe CGGC a dit avoir transmis les dossiers de demande de financement à Eximbank. Il reste en attente, mais s’inquiète toutefois de la capacité de l’Etat gabonais à tenir ses engagements.

Sur le site de Chutes de l’Impératrice Eugénie, les choses sont également au point mort. La nature a repris ses droits sur le «chantier».