Initié par des jeunes des quartiers populaires de Libreville, cet événement a été organisé le week-end dernier, avec un certain succès.

Un moment des «Rendez-vous de la street» à Nzeng-Ayong. © D.R.

Un moment des «Rendez-vous de la street» à Nzeng-Ayong. © D.R.

 

Selon la police, les «Rendez-vous de la street» ont vu la mobilisation de 3 000 jeunes environ, issus de différents quartiers de la capitale et des communes d’Akanda et Owendo. Initié par des jeunes, pour la plupart résidant dans les quartiers populaires, il s’agit d’un concept original. Si le contexte politique s’y prête, l’événement vise à créer un échange franc.

Des moments des «Rendez-vous de la street», avec la guest star (B’Aponga) et l’invité surprise (Vivien Pea). © D.R.

Des moments des «Rendez-vous de la street», avec la guest star (B’Aponga) et l’invité surprise (Vivien Pea). © D.R.

Présentée comme une plateforme de sensibilisation, la sortie du 14 mai dernier au rond-point de Nzeng-Ayong a enregistré la participation d’une vingtaine d’artistes bien connus sur la scène musicale nationale voire continentale, notamment le rappeur Franck B’Aponga, le groupe Kiffra-L, le chanteur de reggae B-Good le Rasta et le chanteur de RnB Nelyo.

L’originalité des «Rendez-vous de la street» réside dans l’ouverture d’un débat auquel chaque artiste doit se prêter, sur un thème précis, aussitôt après avoir interprété deux ou trois de ses titres. Une initiative risquée assumée par les organisateurs, dont l’objectif affiché est de prendre position dans le débat social et politique, tout en invitant les jeunes à prendre conscience de leur rôle. «L’idée était d’éveiller la conscience collective de la jeunesse dite de la street, en lui offrant une plateforme d’expression directe, au moyen d’un échange patriotique et citoyen», a confié un membre du comité d’organisation. Et s’il a dit avoir apprécié l’entrain des intervenants, en particulier Vivien Pea, c’est qu’au cours de cette première sortie, l’«invité surprise» s’est «lâché». Le délégué national de l’Union des jeunes du PDG a profité de l’occasion pour appeler de nouveau les jeunes à la vigilance.

Le jeune leader politique, à l’instar d’autres intervenants, s’est exprimé sur «les dérives dangereuses du discours actuellement tenus par certains aînés et leurs collaborateurs». Des discours qui, en son entendement, puisent dans «le champ lexical de la peur, de la guerre, de la violence et de l’escalade insurrectionnelle». Alors que les organisateurs ont promis de poursuivre leur tournée dans les différents arrondissements de Libreville et dans les communes voisines, à travers leur slogan «Eveille-toi jeunesse, une aurore se lève», ils ont dit inviter la jeunesse à prendre en main son destin. Pour eux, il s’agit d’éloigner les jeunes de l’instrumentalisation des politiques. Gageons que l’initiative, elle-même, soit dénuée de tout calcul politicien. Certains en doutent déjà, bien que les initiateurs s’en défendent.