L’invite faite, jeudi, par le président de la République aux syndicats contestant les réformes annoncées en juin, apparaît comme l’annonce d’un énième dialogue social dont certains entrevoient l’organisation en ce mois d’août. 

Des Gabonais de France réclamant un «vrai» dialogue social au Gabon. © Flickr

 

Ayant saisi récemment la Cour constitutionnelle pour contester les mesures gouvernementales de juin dernier, touchant particulièrement les agents de l’Etat, Dynamique unitaire ne devrait pas attendre grand-chose de la juridiction présidée par Marie-Madeleine Mborantsuo. Ali Bongo a presque déjà tranché dans le litige opposant la confédération syndicale au gouvernement. Le président de la République semble avoir privilégié la discussion avec les contempteurs des réformes censées selon lui assainir les finances publiques et relancer l’économie.

S’il a assuré en effet que le gouvernement et lui-même iront «jusqu’au bout de (leur) réformes, quand bien même une infime minorité tente d’en perturber la mise en œuvre», dans son discours à la nation le 16 août au soir, Ali Bongo n’a pas moins invité les «professionnels de la contestation» qu’il a accusés de s’opposer pour s’opposer «sans jamais rien proposer», à faire «assaut de meilleures propositions pour améliorer et réformer». Il a souhaité «qu’ils soient réellement les agents de changement qu’ils prétendent être». D’autant que pour lui, «la démocratie, ça n’est pas la rue, la démocratie, c’est le dialogue, y compris le dialogue social».

Bien que les contours de cet énième dialogue social n’aient pas été précisés par le chef de l’Etat, l’on se souvient tout de même que plusieurs syndicats, y compris ceux favorables aux réformes, ont invité dernièrement le gouvernement à se concerter avec les partenaires sociaux sur le sujet. La Confédération syndicale des agents de l’administration publique, parapublique et privée (Cosynap) y voit d’ailleurs «une urgence».

Au ministère de la Fonction publique, certains annoncent «l’ouverture des discussions avec les syndicats de l’administration publique». En juillet dernier, le ministre Ali Akbar Onanga Y’Obegue avait déjà invité, dans un communiqué officiel, les organisations syndicales concernées à se faire enregistrer auprès des services de son département. De leur côté, les syndicats contestant les réformes ne se sont pas encore officiellement prononcés sur leur participation ou non à ces discussions. Mais à quoi servirait ce dialogue social si l’une des parties délégitime déjà l’autre, en l’accusant de protester pour le plaisir de protester. L’horizon projeté par ce dialogue serait-il pavé de pièces d’un cul- de- sac ?