Dans le cadre du plan d’austérité annoncé par le Conseil des ministres du 21 juin 2018, le gouvernement a décidé de mettre «à la retraite immédiate des agents absents pour cause de maladie de longue durée». «Une mise à mort certaine pour ces malades.»

Comme sur cette campagne, «l’austérité pourrait nuire à la santé de certaines couches déjà fragiles » au Gabon. © D.R.

 

La décision prise par le gouvernement pour les fonctionnaires absents «pour cause de maladie de longue durée» semble avoir été passée sous silence. Elle a été remise au goût du jour par la présidente du Sénat, Lucie Milébou, à l’occasion de l’ouverture de la 2e session ordinaire de cette institution. «(…) nous avons été interpellés par de nombreux agents publics, qui, pour des raisons de longue maladie, ne sont pas à leur poste de travail, et par conséquent, ont vu leurs salaires suspendus», a déclaré Lucie Milébou dans son propos.

Si les mesures prises par le gouvernement visent principalement l’équilibre des finances publiques, la croissance économique et l’amélioration du bien-être des populations, «la mise à retraite immédiate des agents absents pour cause de maladie de longue durée» est perçue par beaucoup comme «une absence de solidarité», «un refus de prendre en charge ces compatriotes frappés par le sort»

«Comment quelqu’un dont le salaire est coupé parce qu’il est malade pourrait-il être heureux ?», s’est interrogé un internaute. «Si ces personnes ne viennent pas au travail, c’est bien parce qu’elles sont malades, et leurs responsables sont au fait de leur situation surement. Comment donc les mettre à la retraite ?», a-t-il ajouté.

Cette décision, affirment certains, s’assimile à «une mise à mort certaine» de ces malades. Le président du Sénat précise d’ailleurs que «le vide législatif de la prévoyance sociale des fonctionnaires ne prévoit pas de pension d’invalidité, comme pour leurs collègues du secteur privé». Pour madame Mibélou, le gouvernement doit trouver une alternative pour permettre à ces agents de l’Etat qui n’ont pas démérité, mais happés par la maladie, pour mieux se prendre en charge.