Le président du Centre des Libéraux réformateurs (CLR), Jean-Boniface Asselé, s’est prononcé sur les récentes mesures gouvernementales. Visiblement, l’ancien commandant en chef de la Police nationale ne les approuve pas. «La fin de tout ça c’est que le mécontentement va grandir et lorsqu’il y aura 100 000 personnes dans la rue, malgré les mitraillettes ça ne changera pas».

Jean-Biniface Asselé, dans une émission radio, a eu la dent dure contre les initiatives gouvernementales austères. © D.R.

 

Invité sur une radio locale, le président du Centre des Libéraux réformateurs, parti de la Majorité présidentielle, s’étonne du bien-fondé des mesures prises par le gouvernement pour réduire le train de vie de l’Etat.

L’oncle maternel du président Ali Bongo s’est insurgé contre ces annonces. «Pourquoi on en arrive là ?», s’est-il demandé avant de répondre : «Parce qu’on n’a plus d’argent. C’est la Banque mondiale ou alors le FMI qui disent que si vous ne faites pas ça, on ne vous donne pas d’argent». «Ils veulent des prêts», a-t-il déclaré, indexant le gouvernement.

Même s’il assure ne pas être de l’opposition et qu’il «est un homme libre et indépendant», l’ancien ministre se demande «Pourquoi ceux qui ont fait des bêtises sont-ils toujours là». «Ceux qui gouvernement sont ceux qui sont responsables de cette situation», a-t-il asséné.

Jean-Boniface Asselé ne comprend pas pourquoi le gouvernement baisse les salaires des personnes ayant déjà du mal à boucler les fins de mois avec le peu qu’ils gagnent. «Maintenant vous voulez baisser les salaires. J’ai ma famille. Je me bats pour la faire vivre avec 250.000 et du jour au lendemain, vous me demandez d’enlever 50% de mon salaire. Vous dites qu’il n’y a plus de recrutement. Pourquoi donc aller à l’école ? Que faire donc avec les diplômes puisque lorsqu’on va venir avec et on ne recrute pas ?», a-t-il interrogé.

Il suggère au gouvernement de laisser les Gabonais ayant eu des diplômes à l’étranger là où ils se trouvent, pour éviter qu’ils ne viennent broyer du noir ici. «Mais laissez-les en France, aux Etats-Unis. Sont-ils responsables de la situation ? Ceux qui sont à l’origine de la situation sont là et vous allez encore les voter ces messieurs», a-t-il dénoncé, non sans relever que «le peuple est responsable de cette situation».

Le président du CLR estime qu’il y a «des hommes politiques qui font des Gabonaises et des Gabonais leur sujets». Il s’agit, pour lui, d’esclavagisme. Tout cela devrait, in fine, avoir des répercussions sur la paix, la stabilité du pays. «La fin de tout ça c’est que le mécontentement va grandir et lorsqu’il y aura 100 000 personnes dans la rue, malgré les mitraillettes ça ne changera pas», a-t-il lancé. «Il faut éviter cela. Quelqu’un qui est responsable dans un pays doit en tenir compte», a-t-il mis en garde, assurant que «si les Gabonais avaient de quoi se nourrir et de quoi nourrir leurs parents, s’ils pouvaient aller trouver un travail, etc., il n’a y aurait plus de grèves», et autres désordres.