Les forces de l’ordre déployées à la place de la Paix du rond-point de la Démocratie ont empêché le 28 août 2018, la tenue de la marche pacifique des agents publics, annoncée par la confédération syndicale Dynamique unitaire et ses alliés. La police a interpellé plusieurs syndicalistes et un journaliste de Gabon média time.

Quelques syndicalistes empêchés par les forces de sécurité d’accéder au lieu du rassemblement. © Gabonreview

 

La grande marche noire pacifique «Ne touche pas à mon bout de pain» de la confédération syndicale Dynamique unitaire et ses alliés, le Samtac, le Synafopra et le Syprocom, prévue pour ce 28 août à 8 heures n’a pas eu lieu. Les forces de sécurité ont empêché tout accès au lieu du rassemblement.

Le rond-point de la Démocratie qui constituait le point de départ de cette marche a été quadrillé dès 5 heures (locales) du matin par les forces de l’ordre. Les voies secondaires menant à la Gaboprix de Sotéga, au Tribunal de Libreville et au carrefour ancien Sobraga, étaient également investies par la police. Même les journalistes n’y ont pas eu accès. Ceux qui ont insisté ont été brièvement interpellés par la police.

«Je suis écœuré comme vous le constatez, la loi n’est pas respectée. Il y a une loi qui organise les marches en République gabonaise. C’est la loi 1/2017 qui dit à son article 3 que les marches publiques sont autorisées sauf si l’autorité estime qu’il y a risque de trouble à l’ordre public. La marche du 13 août dernier n’a pas pu avoir lieu parce qu’on avait une interdiction. Nous sommes surpris de voir que les forces de l’ordre empêchent les travailleurs d’organiser cette marche pacifique, or l’autorité ne l’a pas interdite. C’est inadmissible. C’est la loi qui doit mettre tout le monde d’accord», a fustigé le président de la Dynamique unitaire, Jean Remy Yama.

Si l’interdiction de la grande marche noire pacifique n’a pas été notifiée aux responsables de la confédération syndicale et ses alliés, comme le prévoit la loi, il reste que le ministère de l’Intérieur, via sa page Facebook et une distribution sur WhatsApp, a «formellement interdit» dans la nuit la tenue de cette manifestation, bien que reconnue et garantie par les textes nationaux et internationaux, en tant qu’action syndicale et démocratique.