Regroupement de fédérations syndicales et d’intersyndicales des régies financières, l’Union sacrée pour la patrie (USP) valide les mesures d’austérités adoptées par le gouvernement.

Le porte-parole de l’USP, Wilfried Mvou-Ossialas, pendant sa déclaration, le 18 juillet 2018 à Libreville. © Gabonreview

 

Contrairement à la grande majorité des syndicats du pays, l’Union sacrée pour la patrie (USP) a approuvé, le 18 juillet à Libreville, les mesures d’austérités adoptées par le gouvernement. «Notre regroupement salue les mesures dites d’austérité qui passent entre autres par la maitrise de la masse salariale, l’audit réel, efficace et sans complaisance des effectifs de la Fonction publique, l’assainissement du fichier des pensions de retraites et celui de la main d’œuvre non permanente», a affirmé le porte-parole de l’USP.

Selon Wilfried Mvou-Ossialas, le nouveau-né des groupements syndicaux encourage le gouvernement dans la voie de la réforme et de la modernisation de l’administration publique du pays. Dans ce sens, l’USP a affirmé à l’ensemble de ses adhérents, «le caractère indispensable, nécessaire et urgent des réformes actuelles visant à reconnaître les erreurs du passé». Par ailleurs, l’USP a marqué son étonnement face au mécontentement des autres syndicats face aux mesures d’austérité. Ces derniers fustigeant «ce qui hier constituait leur chapelet de revendications, lors des assises sociales de novembre 2015 à Angondjé», a regretté Wilfried Mvou-Ossialas.

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«Nous, partenaire social de premier rang en matière de rémunération, notre mouvement appuie le gouvernement sur la question de manque de démocratie syndicale, qui a entrainé certains leaders locaux à se momifier, empêchant ainsi le renouvellement des acteurs syndicaux. Cela a donné à certains d’entre nous le statut de membre permanent, en violation de la loi 18/92 régissant la vie syndicale au Gabon», a lancé le porte-parole, comme une pique aux autres confédérations syndicales.

Et ce dernier d’ajouter, «l’heure est venue pour que l’enseignant, le médecin, le magistrat, le comptable public, le fiscaliste et tout autre fonctionnaire, fassent un examen de conscience nous amenant à être juste envers nous-mêmes et la patrie. En commençant par faire son travail avant de revendiquer». Anticipant déjà les commentaires sur son positionnement, l’USP dit s’appuyer sur les analyses de ses adhérents, «des techniciens véritablement au fait de la situation de nos finances publiques».

L’USP invite, enfin, «l’ensemble des fonctionnaires à une assemblée générale de clarification et d’explication des mesures d’austérité prises par le gouvernement, en vue de la relance de notre économie, en accord avec les partenaires au développement». Une démarche qui permettrait d’éviter au Gabon, «une aventure à haut risque, dont personne ne peut garantir l’issue à ce stade de notre histoire», a conclu Wilfried Mvou-Ossialas.