Le Gabon et quinze autres pays africains viennent de se doter d’un nouveau cadre institutionnalisant la lutte contre les médicaments contrefaits. Baptisé «Résolution de Rabat», cet accord vise à renforcer les efforts dans le domaine de lutte contre ces produits falsifiés et à prôner les engagements à prendre dans ce domaine.

Seize pays africains en guerre contre les médicaments contrefaits (illustration). © togotopinfos

 

Les 23 et 24 février 2018 ont lieu à Skhirat au Maroc les deuxièmes Assises nationales du médicament et des produits de Santé, sous le thème «La lutte contre les médicaments falsifiés en Afrique ». Au terme de cette rencontre, 16 Etats du continent dont le Gabon, ont ratifié la «Résolution de Rabat», visant à renforcer les efforts dans le domaine de lutte contre ces produits falsifiés et à prôner les engagements à prendre dans ce domaine.

La lutte contre ce fléau constitue un véritable challenge pour les pays africains qui demeurent les plus touchés par ses conséquences, en accusant jusqu’à 60% de contrefaçon au niveau des marchés pharmaceutiques de certains pays. «Les faux médicaments tuent chaque jour, en particulier en Afrique (…). Ce trafic doit être condamné avec la plus grande fermeté», s’est alarmé le ministre marocain de la Santé, Anas Doukkali, avant la signature de la «Résolution de Rabat» à Skhirat.

Selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un médicament sur 10 vendus dans le monde est probablement faux, 700.000 décès par an sont liés à la contrefaçon de médicaments contre le paludisme et la tuberculose et le trafic de faux médicaments en 2010 a généré 75 milliards de dollars de chiffre d’affaires mondial.

Des chiffres hallucinants qui selon le professeur français Marc Gentilini, responsable du programme de santé de la Fondation Chirac, illustrent parfaitement le «double crime» qui «frappe non seulement les malades, mais aussi les plus pauvres qui n’ont pas accès aux médicaments de qualité».

En août 2017, Interpol a annoncé la saisie de 420 tonnes de produits médicaux de contrebande en Afrique de l’ouest. Endiguer ce phénomène nécessite de «lutter contre la corruption qui remonte très haut dans la hiérarchie politique», a estimé cet ancien président de la Croix-Rouge française.