L’hebdomadaire La Loupe vient d’écoper d’une nouvelle suspension d’un mois pour les «écrits suspicieux, affabulatoires et tendancieux» contenus dans un article de son n° 394 du 25 septembre. Evoquant un «acharnement» de la Haute autorité de la communication (Hac), le rédacteur en chef du journal dénonce une décision visant à «faire disparaître» La Loupe.

Les lecteurs de La Loupe seront privés de leur journal pendant un mois. © Gabonreview

 

Quelques semaines seulement après son retour en kiosques, l’hebdomadaire La Loupe a une nouvelle fois été sanctionné par la Haute autorité de la communication (Hac). En date du 28 septembre, le journal a été suspendu «à titre conservatoire» pour une durée de 30 jours pour l’article intitulé «Contentieux pré-électoral : la Cour constitutionnelle élimine Chantal Myboto avant la compétition», paru le 25 septembre.

Une décision qui n’a pas manqué de faire réagir la direction du journal. «Nous sommes désagréablement surpris par la décision de la Hac. D’autant que nous sommes condamnés pour une affaire d’insinuation calomnieuse. Dans la décision rendue par la Hac et qui nous a été notifiée, l’on ne nous dit pas clairement le paragraphe de l’article où il y aurait une insinuation calomnieuse par rapport à la décision d’invalidation de la candidature de Chantal Myboto», a regretté le rédacteur en chef de La Loupe joint au téléphone.

Pour Orca Boudiandza Mouele, cette décision «totalement disproportionnée» vise clairement à «faire taire» le journal. Au-delà de la suspension d’un mois infligée au journal, la Hac, considérant les «écrits suspicieux, affabulatoires et tendancieux» de l’article incriminé, qui fait par ailleurs une fixation «non sur l’institution qu’est la Cour Constitutionnelle, mais sur la personne de son président» ; a également décidé du retrait des kiosques du n° 394 de La Loupe.

Dans la décision portant suspension du journal, la Hac a justifié cette sanction en invoquant les dispositions de l’article 55 de l’ordonnance portant création, organisation et fonctionnement de l’institution. Celles-ci énoncent en effet que, «Dans l’urgence et notamment en cas de manquement grave, le président de la Hac peut, avant toute décision au fond, prendre la mesure conservatoire de retrait provisoire de l’autorisation de publier ou de diffuser pour une durée d’un mois».

Il s’agit de la deuxième sanction du genre de La Loupe en l’espace d’un mois. En août, le journal avait déjà écopé d’une suspension d’un mois pour la Une du 391e numéro du journal intitulée «Voici les ‘‘parasites’’ de la République» ; ainsi que le retrait des kiosques du numéro incriminé.

La durée de la suspension correspond par ailleurs à l’absence en kiosques du journal de quatre numéros. Un gros manque à gagner pour le journal. «Le manque à gagner est considérable avec des pertes estimées entre 15 et 20 millions. Les incidences financières sur les salaires sont énormes, car ce journal emploie au moins 15 personnes», a souligné le rédacteur en chef de La Loupe. Pour lui, cet «acharnement» de la Hac vise clairement à «faire disparaître le journal de l’univers de la presse nationale».