Bien que n’ayant pas été nommément citée dans le communiqué du ministre de la Communication mettant en garde contre la production et la diffusion de programmes heurtant la sensibilité des populations, la jeune chanteuse fait davantage l’objet de critiques. Ses proches la défendent.

Creol et le producteur de «Fantastik Life», lors du tournage de la téléralité. © D.R.

 

Le communiqué de Guy-Bertrand Mapangou, lu par son conseiller en communication sur le plateau du journal télévisé de Gabon 1ère, le 3 septembre, ne visait pas précisément Creol. Pourtant, les téléspectateurs n’ont pas eu du mal à identifier la jeune chanteuse parmi les artistes que le ministre de la Communication accuse de s’être lancés depuis un moment dans «une opération de dépravation généralisée des mœurs». Depuis, beaucoup ont assimilé la sortie du ministère de la Communication à une «censure» visant principalement l’auteure et interprète de «VIP».

S’ils reconnaissent son caractère provocateur, sur les réseaux sociaux, les soutiens de la chanteuse la défendent. Ils assurent par ailleurs qu’au sujet de la censure qui la frapperait, il n’en est rien. Sur sa page Facebook, Steeve Chasa Ondo, producteur de la téléréalité «Fantastik Life» diffusée sur Gabon 1ère, indique en effet que le dernier épisode a été diffusé dimanche dernier. «La censure dont on parle ne nous concerne pas», réagit-il, tout en précisant que ce programme basé sur le quotidien de Creol avait un but : «attirer des téléspectateurs et de rendre notre chaîne plus regardable durant les vacances».

Bien que décriée par certains, la téléréalité «Fantastik Life», selon son producteur, a tenu toutes ses promesses. «J’ai pu voir des Gabonais apprécier une artiste, une femme à qui on témoigne beaucoup d’amour», se souvient Steeve Chasa Ondo, qui annonce déjà une deuxième saison sur une autre chaîne de télévision, certainement privée cette fois.

Alors qu’une autre partie des soutiens de Creol assurent que «le ministre la Communication se trompe de cible», tout en lui conseillant ironiquement d’interdire la diffusion des chaînes musicales telles que ceux du groupe Trace, M TV, OKLM TV, etc. D’autres craignent que la sortie du gouvernement ne casse la dynamique de création chez les artistes gabonais. Dans un post sur le compte Facebook de Direct Prod (DP), Edgar Yonkeu, ancien producteur de Creol, estime que «la censure n’a jamais été bonne».

«Nous à DP avec Creol, on a été certes borderline, mais on n’a jamais franchi la ligne rouge. Creol ne défend que son art et une façon de vivre. On est d’accord on regarde, on ne l’est pas, on zappe. Tous les films américains qui ne sont pas biens pour la société ne sont pas censurés. Ici, il y a comme une injustice», écrit le patron de Direct prod, producteur de Shan’L, une autre artiste dont le style est décrié par certains.