Après ‘‘La promesse d’un néo-Québécois’’ paru en février 2012, ce professeur de philosophie et d’éthique politique établit au Québec a publié récemment l’essai ‘‘Le mal-être des Gabonais’’, qui vise à «susciter le débat» et à questionner les comportements des Gabonais partisans de l’opposition et ceux de la majorité.

Le bâtiment abritant l’Assemblée nationale du Gabon a été incendiée pendant la contestation de la réélection d’Ali Bongo, le 31 août 2016. © Marco Longari/AFP

 

Originaire de Lékoni dans le Haut-Ogooué, Jean-Claude Mabiala est installé à Rimouski (Québec-Canada) depuis 1990. Vingt-sept ans après, ce père de deux jeunes filles souhaite qu’elles se rendent au Gabon dans quelques années, pour mieux connaître leurs origines. Mais pour cela, «je souhaite […] que le Gabon aille mieux», indique le professeur de philosophie à l’Institut maritime du Québec à Rimouski et d’éthique politique au Cégep de Matane. Devant Adeline Mantyk, journaliste au site québécois L’Avantage, il se rappelle douloureusement qu’«en marge des élections présidentielles d’août 2016, l’Assemblée nationale a été brûlée et des médias ont rapporté plusieurs morts dans les affrontements après les élections». Or, le climat de tension qui prévaut depuis plusieurs mois dans son pays d’origine le préoccupe.

Détails des couvertures de son essai / Jean-Claude Mabiala (ext. droite) et sa famille. © D.R.

L’essai Le mal-être des Gabonais (Les éditions mille et une vie), écrit «sous la forme d’un récit qui suit le personnage principal au fil des rues de Libreville» est une réflexion sur les causes de ce climat, ayant conduit à divers comportements chez certains Gabonais, qu’ils soient partisans de l’opposition ou de la majorité. L’auteur cherche à «susciter le débat», tout en partageant la réflexion d’un observateur «neutre». Cet essai tente de répondre à plusieurs questions : «Qui est responsable du mal-être des Gabonais ?», «Quel avenir réservent les Gabonais à leur pays?», «Quelle place la démocratie occupe-t-elle au Gabon ?», «Quels critères déterminent l’accession d’un Gabonais à un poste de pouvoir ?» Et Jean-Claude Mabiala de mettre le doigt sur un point sensible : «Nous avons un pays riche, un sous-sol rempli de manganèse, de pétrole, bois, uranium. Mais ces richesses sont mal réparties.»

«Je ne situe pas directement le ou la ou les responsables, je crois qu’un peu tout le monde a sa part de responsabilité dans la situation», tient à préciser l’auteur de La promesse d’un néo-Québécois paru en février 2012 (Les publications L’Avantage). S’agissant de la rédaction de son essai, dont il compte envoyer plusieurs exemplaires au Gabon, y compris à Ali Bongo, Jean-Claude Mabiala dit avoir commencé des mois avant la présidentielle du 27 août 2016. «Mon but était d’écrire pour essayer d’amener les comportements à changer. Je voyais que les partisans d’Ali Bongo et du parti d’opposition de Jean Ping s’insultaient à tour de bras sur les réseaux sociaux, les propos étaient parfois violents», explique-t-il, tout en regrettant que son livre n’ait pas pu sortir avant cette présidentielle.