Le ministre du Budget a présenté la Loi de finances rectificative (LFR) 2018, le 5 juillet à Libreville. Un exercice au cours duquel Jean Fidèle Otandault est longuement revenu sur l’intérêt de cette loi de finances rectificatives, non sans évoquer le bien-fondé des mesures d’austérités mises en place par le gouvernement.

Jean Fidèle Otandault lors de sa présentation, le 5 juillet 2018 à Libreville. ©
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Présentée par le ministre du Budget, le 5 juillet à Libreville, «La Loi de finances rectificative (LFR) 2018» est édifiantes à plus d’un titre. Lors de sa présentation Jean Fidèle Otandault est longuement revenu sur l’«évolution des recettes et des dépenses budgétaires de 2013 à 2018» et la «nécessité d’une loi de finances rectificative 2018».

S’agissant de l’«évolution des recettes et des dépenses budgétaires de 2013 à 2018», le membre du gouvernement a notamment relevé une baisse de près de 35% des recettes budgétaires. Sur la période 2013-2018, il est passé de 2746,7 milliards à 1787,5 milliards de francs CFA.

Même tendance baissière au niveau des dépenses budgétaires, chiffrées à 1861,1 milliards en 2018 contre 3024,9 milliards en 2013. Soit une baisse de 38%. «Globalement sur la période, les dépenses baissent. Toutefois, deux postes de dépenses ont connu une augmentation notable : les charges financières de la dette (77%), les dépenses de personnel (26%)», a souligné Jean Fidèle Otandault.

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Sur cette période, le ministre du Budget a indiqué que les investissements ont connu une baisse de 68%. Ceux-ci sont passés de 1344 milliards à 433 milliards. «Soit une baisse de près de 2/3, avec un effet négatif sur la croissance, du fait de la baisse des ressources et la déprogrammation des projets», a précisé le ministre du Budget.

Face à cette situation, Jean Fidèle Otandault a justifié la «nécessité d’une loi de finances rectificative 2018». «Les finances publiques du Gabon sont aujourd’hui dans une situation critique avec un cumul des déficits budgétaires. Par conséquent, une politique de rigueur devient obligatoire et urgente à mettre en place pour une meilleure gestion des finances publiques», a-t-il affirmé.

Des actions d’autant plus nécessaires que les risques liés au déficit budgétaires sont nombreux : cherté de la vie, non-paiement de la dette, non-paiement des salaires, hausse du chômage, augmentation de la dette publique, etc. Elaboré sur la base des recommandations du séminaire sur la revue du plan de relance de l’économie, la loi de finances rectificative 2018 met en relief une progression des recettes budgétaires (27%), tirée par les recettes hors pétrole (30%).

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Le membre du gouvernement a également fait un focus sur les mesures d’austérité initiées par le gouvernement. Ces mesures devraient permettre un accroissement des recettes de 14% dès 2018 grâce à une optimisation de la collecte et à la rationalisation des exonérations ; une réduction de la masse salariale de 10% dès l’exercice 2018, assortie de mesures d’accompagnement ; réduction du train de vie de l’Etat, avec une baisse des dépenses publiques de plus de 10%. Le ministre table également sur une restructuration de la dette doublée d’un effort de remboursement volontariste de 1365 milliards, dès 2019, pour ramener l’endettement à 40% du PIB en 2020.

«Ces réformes parfois difficiles, sont pourtant nécessaires pour assurer une justice sociale, promouvoir l’emploi des jeunes et permettre la diversification de l’économie nationale», a affirmé Jean Fidèle Otandault, d’autant que les enjeux en valent la peine. «La mise en œuvre des mesures retenues requiert la pleine adhésion de tous à l’effort de redressement de nos finances publiques», a conclu le ministre du Budget.