Les présidents de l’Union nationale (UN) et du Rassemblement Héritage et modernité (RHM), Zacharie Myboto et Alexandre Barro Chambrier, ont exprimé le 17 octobre 2018, leur colère à l’issue du premier tour des législatives et des locales, dénonçant des fraudes et des irrégularités.

Zacharie Myboto et Alexandre Barro Chambrier ont exprimé, le 17 octobre 2018, leur
courroux à l’issue du premier tour des législatives. © Gabonactu.com

 

Le 17 octobre 2018, c’était l’heure du bilan pour la coalition Union nationale-Rassemblement Héritage et modernité à la suite de la proclamation des résultats des législatives et des locales du 6 octobre 2018. A cette occasion, Zacharie Myboto et Alexandre Barro Chambrier ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle le Centre gabonais des élections (CGE), le pouvoir et son pendant le Parti démocratique gabonais (PDG) ont été indexés comme étant responsables des fraudes et manquements ayant entrainé l’échec de l’opposition.

Sur 120 candidats présentés conjointement par cette coalition, un seul d’entre eux a été élu au premier tour. 13 autres devront repasser au second tour. Ce qui n’a pas été du goût des chefs de file de l’UN et du RHM. «Nous avons décidé de tenir cette conférence de presse au regard des manquements et des fraudes observés», a déclaré Zacharie Myboto.

Le président de l’Union Nationale accuse le pouvoir de Libreville, mais aussi le CGE qui ont autorisé les forces de défense à se positionner devant les bureaux de vote en lieu et place des abords comme prévue par la loi. Ce qui fait dire à Alexandre Barro chambrier qu’il s’est agi d’une «instrumentalisation des forces armées pour les besoins d’une cause sordide». «Sommes-nous en guerre ?», a interrogé Zacharie Myboto, avant de dénoncer un certain nombre d’éléments justifiants l’impossibilité de l’opposition d’afficher un score honorable à ces scrutins.

Les responsables de ce tandem relèvent «le refus du CGE de signer, à temps, les mandats des représentants de l’opposition dans les bureaux de vote, de remettre aux représentants des candidats les procès-verbaux, d’annoncer au public les résultats électoraux, mais également le refus aux commissaires de l’opposition d’assister aux délibérations».

Outre ces griefs faits au CGE, ils dénoncent le «transport massif des électeurs et l’achat des consciences fait par le pouvoir et ses affidés», de même que le franc électoral remis en retard aux partis. Pour ces opposants, la pénurie de carburant enregistrée pendant cette période électorale a été voulue, de même que des problèmes d’électricité constatés dans certaines localités. Le cas des bons d’achats «d’une valeur de 25.000 francs CFA» offerts par le candidat PDG-Udis à Moanda, valables sur l’étendue du territoire jusqu’en décembre prochain, a été particulièrement dénoncé.

En attendant le retour aux urnes, le 27 octobre prochain, le parti au pouvoir totalise déjà 74 députés, soit une majorité qui devrait certainement se renforcer à l’issue de ce second tour. Seuls 26 des 143 sièges à l’Assemblée sont encore à pourvoir.