Les autorités zimbabwéennes viennent de se débarrasser d’une vingtaine de jeunes pachydermes, vendus à la Chine, afin de pouvoir financer les parcs nationaux du pays.

Orphelinat d'éléphants. © photographevoyageur.com

Orphelinat d’éléphants. © photographevoyageur.com

 

Bénéficiant de l’autorisation de vente d’animaux vivants à des destinataires appropriés et acceptables, accordée par la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (Cites), le gouvernement zimbabwéen a cédé 24 éléphanteaux à l’État chinois pour le compte du parc safari de Chimelong, à Guangzhou, à 120 kilomètres de Hong Kong. La livraison a été faite le 5 juillet 2015, par avion depuis Harare.

La vente a été conclue en dépit des avertissements des groupes de protection de la nature, qui estiment que les animaux sont trop jeunes pour survivre sans leurs mères. Pour le Zimbabwe, cet acte, qualifié d’écœurant par les organisations non gouvernementales, notamment, Conservation Taskforce, le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), répond à un besoin financier. «L’argent de la vente servira à payer les salaires des écogardes et à financer les parcs nationaux du pays, qui estiment n’avoir pas assez de moyens pour lutter contre les braconniers», a indiqué le ministre de l’Environnement, Saviour Kasukuwere.

Selon les autorités zimbabwéennes, le pays héberge 80 000 éléphants. Or, du fait des nuisances pour la nature et les récoltes dont les pachydermes sont responsables, le pays ne peut en supporter que 42 000. Selon les organisations de protection de la nature, cette surpopulation n’est qu’un prétexte. Elles remettent en cause les intentions du gouvernement. La vente d’un éléphant peut rapporter 50 000 euros (environ 33 millions de francs) à l’État. Le Zimbabwe fait partie de la poignée d’États d’Afrique australe (dont l’Afrique du Sud, le Botswana et la Namibie) où les éléphants ne sont pas en voie de disparition ou menacés.