Dixième ouvrage de l’auteur, «Les grandes dates du Gabon» est la contribution d’un fils du pays pour la sauvegarde de la mémoire de sa terre.  

Exposition du livre, le 18 novembre 2015. © Gabonreview

Exposition du livre, le 18 novembre 2015. © Gabonreview

 

Guy Rossatanga-Rignault (2e en partant de la droite) et des invités à la présentation du livre. © Gabonreview

Guy Rossatanga-Rignault (2e en partant de la droite) et des invités à la présentation du livre. © Gabonreview

Présenté le 18 novembre dernier à Libreville, «Les grandes dates du Gabon» donne à lire l’histoire du pays sous un autre prisme, avec moins de complications et autres tournures savantes qui, bien souvent, altèrent la compréhension. Bien que volumineux – 280 pages -, ce livre publié, en 2015, aux Editions Raponda-Walker est plutôt aisé à lire. On le parcourt en une journée, dans un coin de chez soi, en se remémorant les cours des classes du Primaire. Même que pour certains, l’ouvrage, contenant quelques dizaines de photographies, cartes géographiques et extraits d’archives, pourrait parfaitement convenir aux plus jeunes, car fortement illustré. Toutefois, prévient son auteur qui souhaite être vu comme «un amateur d’histoire» qui entend simplement «aider à la connaissance du Gabon d’aujourd’hui», ce livre n’a pas la prétention d’apparaître comme une œuvre scientifique au sens strict. Loin d’être l’œuvre d’un professionnel, «l’abrégé chronologique illustré» de Guy Rossatanga-Rignault est «l’histoire telle que la réclame, telle que la pratiquent et telle que l’aiment madame et monsieur tout-le-monde, souvent allergiques à la sécheresse didactique ou à la lourdeur démonstrative des ouvrages savants, toujours désireux de s’expliquer clairement et de comprendre aisément d’où vient que l’état du monde, l’état de son pays ou de son continent et jusqu’à son propre état soient comme ils sont», estime Elikia M’bokolo, qui signe la préface de l’ouvrage.

Entre objectivité et subjectivité assumée, «Les grandes dates du Gabon» est l’aboutissement d’un choix. Le choix de réaffirmer son appartenance et son amour à sa terre. Le choix d’assumer les bons et mauvais choix des ancêtres comme ceux de ses contemporains. Enfin, le choix de faire face à l’avenir, tout en tentant de combattre la rumeur et la falsification qui, depuis de longues années, sont aux prises avec la «vraie» histoire dans un pays où la tradition de l’écrit est loin d’avoir pris le dessus. Et le choix de Guy Rossatanga-Rignault s’exprime dès la première période relatée : 1471-1472. Une période qui marque l’arrivée des navigateurs portugais sur l’île de Sao Tomé au large des côtes du futur Gabon qu ne concerne en réalité qu’une petite partie de la côte, connue aujourd’hui comme Libreville. Au gré des voyages à travers la soixantaine de dates les plus marquantes pour l’auteur, le lecteur apprend beaucoup. Il apprend l’origine des noms des localités, dont la plupart ont été conservés. Il apprend le courage des hommes tels qu’Emane Ntole, Wongo. Il apprend sur la pacification des peuples du Gabon, leur union, la formation du Gabon en tant qu’Etat et sur le coup d’Etat de février 1964, jusqu’au décès en juin 2009 d’Omar Bongo Ondimba.

Si l’un des péchés du livre est qu’il n’évoque nulle part l’histoire du Gabon avant la découverte de l’ancien village qu’il était avant l’arrivée des Portugais, pour l’auteur, ce choix est assumé. «Toute chronologie est sélection. Une sélection qui n’échappe pas à une certaine subjectivité», écrit-il en avant-propos de son livre, avant de poursuivre, en justifiant le choix des bornes 1971-2009 : «Dès lors qu’on ne peut pas tout retenir, on opère un choix à partir de ce qu’on considère comme important ou intéressant, tout en sachant que ce qui sera important pour l’un ne le sera pas forcément pour l’autre. Et dans la séquence de 2009, qui relate le décès du deuxième président du Gabon et l’élection d’Ali Bongo Ondimba, toute la subjectivité de Guy Rossatanga-Rignault éclate. Mais là encore, l’auteur assume : «Si je n’ai pas vécu les premières dates du livre, j’ai eu le privilège de vivre les évènements de 2009, et je les raconte tel que je les ai vécus», lance-t-il. Reste donc à chaque lecteur de se faire son opinion. Aussi revendiquée et assumée, la subjectivité ne sert-elle pas de cache-sexe à l’idéologie ? Pourquoi alors ne pas commettre un ouvrage pour militant politique ?