Après une dixième édition réussie, le promoteur de cet événement qui, est devenu l’un des rendez-vous de prédilection de musiques urbaines du continent et le plus prisé en Afrique centrale, Jules Kamdem a décidé de mettre le projet en veilleuse pour une durée qui reste inconnue.

Malefu K (Angola) Blacko (France) et Jules Kamdem - © Loïc Ntoutoume/gabonreview.com

Lancé le 28 juin avec l’action citoyenne dénommée «Opération plage propre», la 10e bougie du Festival Gabao s’est éteinte le 30 juin dernier avec un grand concert ‘’Good Vibes’’ à Gabon-expo et une conférence de presse de clôture pour faire le bilan des soixante douze dernières heures à l’hôtel Onomo de Libreville.

Placée sous le signe de la «diversité linguistique», la 10e édition du Gabao a permis de réunir sur le même podium, et pour les mêmes valeurs, plusieurs artistes de nationalités, de style linguistique et artistique différent, notamment Malefu K (Angola), Rj Kaniera (RDC), Blacko (France), et Annie Flore Batchiellilys (Gabon), qui excellent dans un genre musical autre que le Rap.

«Les objectifs assignés pour cette édition ont été atteints à l’exception de la réalisation de la fresque murale qui n’a pas pu être réalisée par défaut de matériels. Mais en matière d’échange entre artistes invités et locaux, cela a été possible et j’ose espérer que ces échanges donneront naissance à de grands projets», a souligné le promoteur de l’événement Jules Kamdem.

S’agissant de l’échange culturel et de ce qui fait la différence et la particularité dans le style d’un pays à un autre, RJ Kaniera rappeur Congolais a relevé que «le rap gabonais n’a pas de couleur. Lorsqu’on écoute du rap gabonais, on a l’impression d’écouter du Booba, de la Fouine. En artiste panafricain, j’invite vivement les rappeurs gabonais à aller chercher leur couleur (style) dans leurs différentes cultures afin qu’à travers cela on puisse reconnaitre le Gabon et l’identifier».

De gauche a droite Annie Flore Batchiellilys (Gabon) Malefu K (Angola) Blacko (France) jules Kamdem Rj Kaniera (RDC) - © Loïc Ntoutoume/gabonreview.com«Donnons aux autres nos différences, combien d’Américains écoutent l’ikokou aux USA ? Pourquoi toujours faire avec pour les autres et oublier nos richesses culturelles», s’est interrogée Annie Flore Batchiellilys dans le même ordre d’idées que RJ Kaniera. «Nous avons le devoir de donner à nos consommateurs ce que nous sommes et non ce que nous voulons être à travers l’imitation étrangère», a-t-elle conseillé.

Dix ans après le lancement du Festival Gabao sous la dénomination de Festival Gabao hip-hop, le promoteur de l’événement décide d’observer une pause pour ce qui est aujourd’hui une plate-forme sous-régionale de promotion des musiques urbaines. Le manque de moyens et les incompréhensions qui se développent entre lui et ses différents partenaires, sont autant de raisons qui motivent cette décision.

«On a connu des pics importants en matière de moyens d’organisation jusqu’en 2009, et il y a des concours de circonstances malheureuses  qui ont fait que, de 2009 à aujourd’hui, les choses ne se font pas toujours comme on l’a souhaité. Moi je tiens à m’assurer que cet évènement est compris, ainsi que sa spécificité, et cela sera fondamental à la suite qu’on donnera à ce projet ou pas», a indiqué Jules Kamdem.

«Je tiens à prendre du recul jusqu’à ce que j’obtienne la certitude d’avoir des moyens de ma politique et faire des choses comme je le souhaite. De ce fait, le Festival Gabao observera une pose après cette 10e édition», a-t-il annoncé en guise de conclusion.

Organisé par Afrik’Aktion, le Festival Gabao est une aubaine pour la plupart des artistes de la sous-région d’Afrique centrale et une opportunité au développement de la formation artistique et professionnelle permettant à ces derniers de signer des conventions entre les organisateurs du festival et de nombreux diffuseurs dans le monde.