Le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) s’est résolu à mettre en place le service minimum, dans le cadre de la grève générale illimitée lancée le 14 décembre. Un compromis découlant d’une discussion entre syndicat et le procureur de la République.

Le président du Synamag, Germain Nguema Ella. © Gabonreview

 

En grève générale illimitée depuis le 14 décembre, le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) va observer un service minimum à compter du 27 décembre. C’est du moins ce qui ressort d’une note du syndicat adressée aux présidents des tribunaux de première instance.

«Assuré chaque mercredi, ce service minimum permettra notamment de gérer les dossiers urgents de prolongation de détention préventive et les demandes de mises en liberté. Les services administratifs ne géreront que la réception des dossiers», a affirmé le président du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag). Toutefois, a souligné Germain Nguema Ella : «Aucune juridiction ne tiendra d’audience publique».

Si le Synamag s’est réjoui de la mobilisation générale autour du mouvement d’humeur, celui-ci a cependant estimé avoir une responsabilité. D’où le compromis ayant débouché sur la mise en place du service minimum. «Le mouvement de grève a été suivi jusqu’ici à Libreville et dans les tribunaux des autres provinces, où nous avons des informateurs nous mettant au fait de la mobilisation. Mais nous avons aussi une responsabilité en tant que magistrats. Nous avons été contactés par le procureur pour trouver un compromis, afin de ne pas paralyser le travail, notamment, des forces de l’ordre qui gèrent les gardes à vue», a expliqué Germain Nguema Ella.

Un compromis n’ayant cependant pas entaché la motivation du Synamag. Le syndicat s’est dit déterminé à poursuivre son mouvement d’humeur. «Un piquet de grève sera observé chaque jour devant le palais de justice pendant la période d’arrêt de travail», a conclu le syndicat des magistrats. Indignés et en colère par le comportement «désinvolte» et «puéril» du ministre de la Justice, le Synamag réclame la tête de Francis Nkea. Selon le syndicat, la grève générale illimitée ne sera levée qu’avec le départ du gouvernement de l’actuel ministre de la Justice.